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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0264 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 264 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

Fais ce que dit le molla, ne fais pas ce qu'il fait.

مولايئك ديكانيني قيل قيلغانيني قيلما

Tirer un sou d'un molla, c'est tirer des crins d'une galette (de
l'huile d'un mur).

مولا كشيدين بول الماق بتير تاندين قيل الماق

On ne se gêne pas pour maltraiter le clergé en discours ; mais il
n'y faut pas attacher plus d'importance que cela n'en mérite. Les peu-
ples ont toujours aimé à dauber leurs maîtres ; ils n'en obéissent pas
moins. Ce sont des mollas qui en 1863 ont soulevé contre les Chinois
la population de Koutcha et celle de Khotan. On continue à les
craindre et à les écouter, ne fût-ce que par haine des conquérants. Il est
vrai que la religion n'étant plus obligatoire, on en prend à son aise
avec ses préceptes. Il y a un certain nombre de gens, des riches
surtout, qui pour soutenir leur crédit, et se donner le caractère
d'hommes respectables, se piquent d'être fidèles observateurs de la
chériat, qui font leurs ablutions et disent leurs prières très régulière-
ment, payent la zékât aux mosquées, aux médressés, aux pauvres,
portent le turban, s'abstiennent de jouer aux jeux de hasard, de boire
de l'eau-de-vie et de fumer ; car c'est une particularité de l'islamisme
de ce pays que l'usage du tabac soit tenu à péché. Mais la religion
de la masse est douteuse : on n'abuse ni des ablutions, ni des prières,
il y a généralement fort peu de monde à la mosquée, sauf les jours de
fête ; on s'abstient de la zékât, on laisse les turbans chez les marchands,
on fume non seulement le tabac, mais aussi le hachich et à l'excès,
et si l'on est très strict à s'abstenir de la viande de porc, on ne s'inter-
dit pas absolument l'eau-de-vie. Les tchay khânah sont souvent des
tripots où l'on joue et où l'on s'enivre. On voit, rarement il est vrai,
des ivrognes festonner dans les rues, plus fréquemment des femmes se
promener le visage découvert. Le fanatisme est si peu dans les
mœurs que les habitants du pays, musulmans sunnistes, n'éprouvent
point de scrupules à donner leurs filles aux Balti chiites, en présence