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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0265 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 265 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

de qui les Afghans, plus rigoristes, détournent la face et crachent à
terre. Bien mieux, il est loin d'être sans exemple qu'à l'indignation
des prêtres austères, un Chinois épouse une musulmane avec les
formes du mariage musulman par devant un molla complaisant.
Le peuple est très peu instruit de sa religion ; tout le monde sait la
sourat fâtihat, le chapitre premier et suffisant du Koran, peu savent
davantage.

Les fêtes sont assez strictement observées. Ce sont des occasions
de réjouissances et de farniente que l'on se garderait bien de négliger.
Si le jeûne de ramazân rend la journée pénible, on se dédommage la
nuit. Aux fêtes de la rupture du jeûne et de Kourbân les riches et les
pauvres, les hommes, les femmes et les enfants revêtent des habits
neufs. Beaucoup empruntent pour se mettre en état de paraître
dignement. Les parents et les amis, hommes et femmes, vont se voir
dans leurs demeures respectives pour se souhaiter la fête. Les hommes
se serrent les mains en disant : Moubârek bolsoun ! Les femmes se
baisent au visage. Puis tout le monde se rend à la mosquée pour la
prière solennelle. Au retour, chacun étend chez soi de nouveaux
feutres, de nouveaux tapis ; on y place un dastarkhân avec du pain,
des sucreries, des fruits, des pâtisseries confectionnées pour la circons-
tance, zangza et boukoursak, que l'on recouvre d'une serviette
blanche, et chaque personne qui vient en visite en prend sa part. Ce
dartarkhân reste exposé pendant les huit jours que dure la fête et jus-
qu'au huitième jour les artisans chôment, les boutiques sont fermées, le
commerce est arrêté.

Les édifices du culte sont en général fort mesquins et mal entre-
tenus. La plupart des mosquées ressemblent à des hangars formés de
trois pans de mur, d'un toit et d'une colonnade de bois avec une palis-
sade pour empêcher les chiens d'entrer. Presque toutes celles qui se
distinguent par une masse imposante, la solidité de la construction et
une certaine ornementation, ont été élevées par ordre et aux frais du
gouvernement de Yakoub Bek ou de Habiboullah Hâdji. Dans la ville de
Khotan on compte 44 mosquées et la seule convenable est la mosquée