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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0266 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 266 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

cathédrale qui n'offre d'ailleurs rien qui soit digne d'être noté. Les
mazârs, tombeaux des saints auxquels la superstition attribue toutes
sortes de vertus spéciales, sont plus soignés; encore n'est-ce pas la
tombe même qu'on s'attache à faire belle et grande, mais les bâti-
ments où vit la communauté des religieux attachés au culte du saint et
chargés de faire le repas sacré en son honneur. On ne saurait être plus
pratique. Les deux mazârs les plus remarquables de Khotan sont celui
de Hazret Soultân Abou Séid, au nord de la ville, et celui de
Mohammed Djelâl ed-din au sud. Ce dernier est appelé ordinairement
Altoun mazâr à cause de la légende selon laquelle le saint qui y est
enseveli reçut du ciel à sa naissance un berceau d'or. Dans la province
de Khotan sont répandus une foule d'autres mazârs dont les plus véné-
rés sont celui de Dja'far Teyrân à Tchira et ceux des douze imams des-
cendants de Ali à qui l'on attribue la conversion du pays à l'islamisme.
Je reviendrai sur ce sujet dans un mémoire particulier. Je me bornerai
à établir ici que le culte de ces saints musulmans, dont fort peu sont
authentiques, se rattachent aux religions antérieures à l'islamisme. Les
prêtres musulmans, impuissants à détruire la vénération que le peuple
avait vouée à certains sanctuaires antiques, les ont adoptés et baptisés
du nom de personnages islamiques. Certains faits que l'on attribue
aujourd'hui à ceux-ci se retrouvent dans les légendes bouddhiques rap-
portées par Hiouen Ts'ang. Ainsi l'on raconte que la bonne nouvelle
fut apportée pour la première fois dans le pays en l'année des ambas-
sades par un parent du prophète, Imâm Dja'far Teyrân, qui se rendit de
La Mecque à Tchira en volant à travers les airs. Or le moine boud-
dhiste nous apprend qu'à Kéria il y avait une statue du Bouddha en
bois de santal, haute de vingt pieds et lumineuse, faite à Kauçambi dans
l'Inde et que lorsque le Bouddha eut quitté ce monde, la statue s'élança
dans les airs et arriva au nord du royaume de Khotan-Kéria de même
que Dja'far. La légende de Djemal ed-din, dont le mazâr est à Kéria, et
que Dieu vengea des injures dont il avait été l'objet de la part
des habitants de Kétek en ensevelissant cette ville sous le sable,
est précisément la légende de l'arhan bouddhiste, qui, maltraité