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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0269 |
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 |
| 1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2 |
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OCR読み取り結果
il faut que ces saints soient considérés comme y étant ensevelis; pour
satisfaire à la superstition populaire les mollas ont été obligés de fabri-
quer des légendes permettant de faire mourir en Kachgarie une foule
de défenseurs de la foi, qui sont authentiquement morts en Arabie, en
Mésopotamie ou en Perse. J'irai plus loin et je crois pouvoir poser en
principe que ces mazârs recouvrent les tombes des anciens princes du
pays. En effet, nous savons qu'à Khotan, lorsque le bouddhisme y
était déjà triomphant, le roi était enterré dans un lieu désert, que sur
sa tombe on édifiait un temple où l'on accomplissait à époque fixe des
sacrifices en l'honneur du mort, devenu dieu tutélaire de la cité. Or,
les mazârs sont également situés dans des lieux déserts, les saints qui y
reposent sont traités de padichâhim, notre souverain, leurs légendes
en font presque toujours des princes et leur attribuent beaucoup plus
de prouesses guerrières que d'actes de piété. Les indigènes ont con-
servé, après l'introduction de l'islamisme, l'habitude de rendre un culte
religieux à la mémoire de leurs princes les plus remarquables. Ainsi
Abou Bekr, qui fut un grand coquin et qui périt sous les coups de vrais
croyants, est devenu un saint martyr; des cheikhs font le repas sacré en
son honneur, et sa tombe, ornée de tough, est un but de pèlerinage.
Le mazâr le plus magnifique et le plus révéré de tout le Turkestan est
celui de Hazret Apak, qui régna à Kâchgar au XVIIe siècle, et qui ne
méritait point tant d'égards au point de vue religieux.
Au reste le culte des ancêtres était très général dans la Kachgarie
primitive et de la plus haute importance. Si nous pouvions remonter
par une série de documents clairs et sûrs à l'origine de la famille, nous
trouverions sans doute à la base de son organisation le culte des
ancêtres et du foyer domestique. A défaut de preuves directes suffi-
santes, il subsiste encore aujourd'hui assez de traces des coutumes
antiques pour faire de cette proposition autre chose qu'une conjecture
sans fondement. Ces survivances semblent se rattacher en majorité aux
vieux usages turcs, soit que les Turcs aient imposé leurs propres pra-
tiques aux Aryens du Tourân oriental, soit que, les croyances relatives
à la religion domestique étant analogues chez les deux peuples, cer-
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