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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0275 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 275 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

maison de son futur beau-père. Ils chantent un hymne dont le refrain
archaïque : Hay, hay uleng, hay uleng! reste peut-être d'une formule
sacrée, n'est pas compris de notre temps¹. Le père de la jeune fille les
reçoit à la porte, leur présente le pain de l'hospitalité et les introduit
cérémonieusement. Puis il remet solennellement sa fille entre les mains
du jeune homme au cou duquel il passe un mouchoir², symbole sans
doute de l'autorité paternelle qu'il lui confère ; on apporte un bol d'eau
salée, les parents des jeunes gens y trempent un morceau de pain et
l'offrent aux fiancées. Alors seulement la jeune fille peut quitter la mai-
son paternelle ; elle est déliée de ses obligations vis-à-vis de son foyer
et de ses ancêtres. C'est le moment où ce rite suranné s'accomplit, que
les prêtres musulmans ont choisi pour intervenir et consacrer l'union
au nom d'Allah. En effet, à partir de cet instant, la jeune fille n'appar-
tient plus à la famille de son père et n'a plus le droit d'y demeurer ; le
prêtre ne pourrait donc plus lui poser la question sacramentelle :
« Veux-tu suivre cet homme comme mari? »

2° La jeune fille est conduite à la maison de l'époux. Le cortège est
aussi pompeux que possible ; on va à cheval aux sons de la musique.
La fiancée et les femmes de sa famille ne doivent pas se prêter de
bonne volonté à cet abandon de la maison paternelle. Elles pleurent
et se lamentent. Les amis du fiancé chantent pour consoler la jeune
fille :

بيغلامه قيز بيغلامه خوش بولورسيز

Ne pleure pas, ô jeune fille, ne pleure pas, vous serez heureux.

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