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0276 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 276 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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La mère gémit :

كچيك كينه قرا كوز واى بالام واى بالام
تيلى تاتلوق شيرين سوز واى بالام واى بالام
بالام مندين آيريلدى واى بالام واى بالام
اويدا يالغوز قالارمن واى بالام واى بالام

O ma petite aux yeux noirs, ô mon enfant ! ô mon enfant !
Ma chérie au doux parler, aux yeux tendres, ô mon enfant, hélas !
ô mon enfant ! Mon enfant s'est séparée de moi, ô mon enfant, etc.
À la maison seule je resterai, ô mon enfant, etc.

Chez les Kazak la résistance opposée est plus vive ; les parentes du fiancé simulent un rapt de la jeune fille que ses amies défendent. On a voulu voir là un vestige du prétendu mariage par capture. En réalité, c'est un symbole destiné à marquer la gravité exceptionnelle d'un acte, qui rompt les liens sacrés de la famille et qui ne peut être légitimé si l'on n'y est contraint et forcé. C'est aussi la manifestation de la douleur naturelle que la jeune fille éprouve à passer dans une maison étrangère, douleur dont nous n'avons presque pas l'idée dans nos sociétés civilisées. Pour les barbares, la famille est beaucoup plus importante que pour nous, c'est le point central où se rapportent tous leurs sentiments, leurs intérêts, leurs droits et leurs devoirs ; de plus ils sont essentiellement des gens d'habitude, ils ont l'horreur ou plutôt la crainte superstitieuse du changement. J'ai toujours observé ou entendu dire chez les Kazak, les Kyrghyz, les Tibétains et les Mongols que les jeunes mariées s'ennuyaient profondément dans les premiers temps et s'accoutumaient avec peine à leur nouvelle existence, pourtant ni plus ni moins désagréable que l'ancienne. Pendant le trajet entre les deux maisons, les jeunes gens du voisinage viennent au-devant du cortège et lui barrent la route en réclamant le mouchoir du marié ; celui-ci est obligé, pour le garder, de leur distribuer quelque argent. Peut-être ces jeunes gens représentent-ils les