国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0279 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 279 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000197
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

mots qu'elle n'avait plus d'autres ancêtres que ceux de son mari, dont
les âmes semblaient briller et se réjouir dans la flamme soudain ranimée
par l'offrande. Puis elle faisait fondre un peu de graisse au feu sacré et
s'en couvrait le visage pour s'imprégner matériellement de l'essence de
ses nouveaux ancêtres. Telle est la pratique usitée parmi les Kyrghyz
modernes. C'est alors seulement que le but de la cérémonie nuptiale
est atteint : la femme, détachée d'une famille et d'un culte, a été ratta-
chée à un autre culte et à une autre famille. Cet achèvement du rite est
célébré par un festin où prennent part les membres des deux familles,
et qui marque l'union définitive de la femme avec son mari et avec les
dieux de celui-ci. Une preuve péremptoire que tel est bien le sens de
l'interdiction temporaire des rapports entre le gendre et ses beaux-
parents, c'est que chez les Kyrghyz, où elle existe, elle prend fin dès
que la jeune femme est admise à sacrifier au foyer et que le mariage est
accompli, tandis que chez les Turcs de l'Altay, où l'épouse offre immé-
diatement le sacrifice à son entrée dans la tente de l'époux, l'interdic-
tion en question n'existe pas, et le repas commun a lieu le jour
même.

On voit quelle était à l'origine la signification et l'importance de ces
cérémonies que les modernes ne comprennent plus, formes vides, d'où
s'exhale à peine encore un léger parfum des croyances passées. On
retrouve ailleurs, épars çà et là, quelques autres indices de la religion
antique. Le peuple célèbre toujours, comme au vIIe siècle¹, la fête du
printemps aux environs du premier février, à la veille des semailles et
du labourage. C'est le jour nouveau, le naou rouz ; les femmes ornent
leur coiffure de fleurs de papier, symbole de la vie qui renaît dans la
nature. Cette fête est indépendante de celle que célèbrent les autorités
chinoises à la même date et que l'on appelle tchaghân, mot mongol qui
veut dire blanc, de bon augure. Il est des animaux qui sont tenus pour