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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0280 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 280 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

sacrés ; ainsi les pigeons dont on voit partout un grand nombre, errant
librement sur les routes, dans les cours, dans les rues, sans que nul n'y
touche, sauf exception. En certaines maladies ou indispositions entraî-
nant une idée d'impureté, on sacrifie avec quelque solennité un de ces
volatiles et l'on badigeonne de son sang le dos de la personne qu'il s'agit
de purifier. A 40 kilomètres à l'ouest de Khotan il y a, au milieu des
dunes de sable, un mazâr dit Koum Rabât, où vivent une foule de pi-
geons, qui sont nourris par la charité pieuse des passants. C'est un acte
hautement méritoire que de leur offrir un sac de grains et ce serait un
horrible sacrilège que de tuer l'un d'entre eux. Il est possible que ces
pigeons sacrés se soient rattachés primitivement au culte d'une divi-
nité du feu. Dans une des légendes concernant Chakya Mouni, il est
raconté que celui-ci sauva un jour une colombe des mains d'un chas-
seur, or il se trouva que cette colombe était Agni, le dieu du feu. On
peut rapprocher de ce fait la tradition évangélique, selon laquelle l'Es-
prit divin se manifeste indifféremment sous la figure d'une colombe ou
sous l'apparence d'une flamme.
Les superstitions, que l'islamisme n'a pu détruire, sont nombreuses
encore et diverses. On croit aux revenants, aux bons et aux mauvais
génies, avec plus de modération toutefois qu'en Chine. Il existe une
sorte de gnôme, albásty (الباستى) qui prend différentes formes, souvent
celle d'une vieille ébouriffée et velue ; parfois il est invisible, mais fait
sentir son souffle, entendre sa voix ou le bruit de sa marche. Il se plaît
à effrayer le voyageur solitaire ou à tourmenter les hommes durant leur
sommeil. On croit au mauvais œil et il y a des jettatori de profession dits
nazerbân (نظربان). On prend soin de ne montrer à personne l'enfant
nouveau-né. Lorsque, le jour de bazar, la première personne que
rencontre un marchand, en sortant de son logis pour se rendre à sa bou-
tique, est une femme, il rentre chez lui, persuadé que s'il continue son
chemin il ne fera pas d'affaires. La sorcellerie est toujours fort en
faveur surtout pour la guérison des maladies. Les sorciers-guérisseurs
sont appelés piroukboun. La cérémonie destinée à chasser le démon de