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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0282 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 282 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

domestiques, et le molla, comme le chaman, approche parfois l'instru-
ment de l'oreille du patient afin de faire pénétrer en lui l'âme des
ancètres. La verge du molla est la branche de bouleau, *orbou*,
qui sert au chaman à purifier l'âme de celui qui offre le sacrifice
et à en faire sortir le mauvais esprit. La pratique de frapper le dos
du patient avec le poumon de l'animal sacrifié est usitée par les
*baksa* des Kazak. Quant au coq, il ne se retrouve ni chez les Turcs de
l'Altay, ni chez les Kazak, qui le remplacent par un cheval ou un mou-
ton. Est-ce par économie que les habitants du Turkestan chinois ont eu
recours au coq ou parce que c'était autrefois un animal sacré ? On sait
le rôle important que joue dans le mazdéisme le coq, emblème de la
vigilance, adversaire des mauvais esprits; mais le mazdéisme a dû
emprunter ses idées sur ce point à des superstitions antérieures.
Aussi bien le chaman sibérien a coutume de porter à sa coiffure une plume
de coq et nous verrons ce volatile employé par le sorcier tibétain à peu
près de la même manière que par son confrère du Turkestan.

Signalons en passant certains remèdes superstitieux. Pour guérir la
coqueluche, qui s'appelle en turc le rhume bleu (كۆك يوتال), on
enfouit dans la terre une poupée bleue, on suspend à un mazar quel-
ques chiffons bleus, on attache au cou du malade des plumes de corbeau
bleu (كۆكقارغه, coracias garrula), on demande ce qu'il faut faire au pre-
mier homme que l'on rencontre vêtu d'un habit bleu ou monté sur un
cheval gris (كۆلات, cheval bleu). Pour faciliter les accouchements
on fait brûler des morceaux de sabot de cheval.

En dehors des sorciers-guérisseurs, il y a les sorciers-diseurs de
bonne aventure (رمال, rambâl, pour رمال), qui ne se servent point d'omo-
plate de mouton (tchaouroun) ni de crottes de brebis (koumalak, قوملاق)
comme les devins kazak et kyrghyz, mais de dés, de pierres et de
noyaux et de livres. Le plus puissant et le plus craint de tous les sor-
ciers est le *djâdouger* (جادوگر) qui procure de bonnes récoltes ou
détruit les moissons, fait la pluie et le beau temps, cause la mort des