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0287 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 287 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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Chinois ont exactement les mêmes idées que les musulmans au sujet de
la limite des pouvoirs du souverain, lequel a charge, moyennant le
payement par le peuple des taxes traditionnelles, de veiller à la sécurité
publique, de maintenir l'ordre, de punir les crimes et les délits. Mais
le droit civil étant d'origine religieuse, le magistrat impérial ne peut
juger au civil qu'en tant qu'il est le représentant de la religion et le
dépositaire des rites sacrés, par conséquent il cesse d'être compétent
dans les affaires entre gens qui ont une autre religion que lui; il ne
retient en ce cas que la juridiction criminelle, qui pour les musulmans
comme pour les Chinois est un attribut essentiel du souverain, et il aban-
donne la juridiction civile aux magistrats religieux compétents, c'est-à-
dire, dans le Turkestan, aux kâzis musulmans. Il ne se produit ainsi
aucun de ces conflits entre les droits du conquérant et les droits impres-
criptibles de la religion des conquis, que les Européens, avec leur con-
ception différente du droit, sont incapables d'éviter dans leurs colonies
musulmanes.

Autrefois le gouvernement, toujours curieux de faciliter sa tâche,
s'était avisé de donner à des indigènes un certain nombre de places de
sous-préfets et de préfets (حاكم). On éprouva le danger qu'il y avait
à leur confier des charges aussi importantes. Ils en profitèrent pour
conspirer d'abord, ensuite, et surtout, pour pressurer le peuple, et
ceci, les Chinois aiment à insister sur ce point, fut une des causes pre-
mières des rébellions passées. En remettant toute l'administration à des
Chinois, élevés dans les bons principes, animés des sentiments pater-
nels que tout mandarin doit nourrir à l'égard de ses administrés, juges
impartiaux par définition et de par leur qualité d'étrangers au pays, on
ne manquerait point, pensait-on, de supprimer les raisons de mécon-
tentement et la tranquillité succéderait à l'inquiétude. La réalité a-t-elle
répondu à cette espérance et, du moins, l'administration présente est-
elle meilleure que l'ancienne? Oui! m'ont affirmé tous les vieillards que
j'ai interrogés à ce sujet et qui ont vécu sous le régime antérieur à
1863, il y a aujourd'hui moins d'oppression, plus de sécurité pour les
personnes et les biens. Cependant cette nouvelle administration m'a