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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0294 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 294 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

quatre tengas. Il avait fixé à un tenga le prix du maïs, qui ne vaut
que la moitié moins, et il percevait l'impôt foncier en argent confor-
mément au tarif exorbitant qu'il avait édicté. Il inventa d'appliquer
aux peaux de mouton brutes, qui valent 40 sapèques, le droit de 25
sapèques dont sont frappées les peaux tannées de l'Inde, qui valent 40
tengas. En un an il gagna 75,000 francs sur l'impôt foncier. Ses
administrés finirent par se fâcher, trois ou quatre cents d'entre eux se
rendirent à Kâchgar et se plaignirent au tao-t'ai. Celui-ci envoya un
de ses secrétaires pour informer. Le rapport du secrétaire fut transmis à
Ouroumtchi, le sous-préfet fut destitué, un commissaire enquêteur
fut nommé et chargé de l'administration provisoire; il en résulta sur
les grands chemins un grand mouvement de mandarins petits et grands,
que la population fut obligée de nourrir et de transporter au plus juste
prix, quelquefois gratis. J'ai vu ainsi à Tchira passer cinq secrétaires
qui prirent des chevaux, du bois, se firent servir à boire et à manger,
et pour règlement de tout compte accordèrent au sous-mingbâchi qui
les avait servis une gratification de cinq sapèques, en lui recomman-
dant de bien traiter cinq dames qui venaient à la suite et n'avaient rien
d'orthodoxe. Les dames vinrent en effet, se firent héberger largement
et ne donnèrent pas un sou à personne. Khotan eut aussi l'agrément
d'être administré par un de ces préfets ingénieux, aux ressources
variées, ayant dans leur sac une foule de bons tours propres à amuser
la galerie. Il passait une notable part de son temps à suspendre de leurs
fonctions les beks de son département et à les remettre en place
moyennant finances. La première fois que nous le vîmes, il nous dit :
« Vous cherchez une maison. Louez donc celle d'un tel, bek pour qui
j'ai la plus haute estime; il en sera fort aise, car il a pour le moment
quelque embarras d'argent et cela me fera grand plaisir. » Nous sui-
vîmes son conseil et il vint nous voir exprès pour nous remercier. Or,
ce bek, pour lequel il montrait une si paternelle sollicitude, venait
d'être suspendu de ses fonctions et n'était dans l'embarras que pour
avoir donné beaucoup d'argent au préfet afin de rentrer en grâce; et le
préfet attendit seulement qu'il fut ruiné tout à fait pour le destituer