国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0295 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 295 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000197
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

tout à fait. Au reste ce fonctionnaire avait des goûts d'artiste et
aimait fort les beaux jardins. Il en fit aménager un dans son hôtel et
chacun fut prié de prêter son concours à cette œuvre d'art. Les jardi-
niers donnèrent leur travail, les bourgeois cossus fournirent à titre
gracieux, qui des plantes et des arbres, qui la boiserie d'un kiosque, qui
les dalles d'un bassin. Le jardin achevé, le préfet s'y promenait en com-
pagnie d'un noble seigneur du pays qui le complimentait sur les belles
choses qu'il savait faire : « Voici surtout un pavillon au bord de l'eau
qui est bien joli et vraiment délicieux par la chaleur qu'il fait! — Oui,
soupira l'Excellence d'un air mélancolique, si j'avais été en Chine je l'au-
rais fait dorer et couvrir de porcelaine émaillée, malheureusement cela
coûterait deux ou trois mille francs. — Excellence, dit le noble sei-
gneur, qui n'était point sourd, c'est demain votre jour de naissance,
vous permettez que je vous offre... — Ah! dit l'Excellence, merci! je
n'attendais pas moins de vous. » C'est ce même père du peuple qui
avait transformé l'hôtel de la préfecture en une fabrique d'objets de
jade. Il se procurait par ordre les meilleures pierres de son départe-
ment aux prix les plus doux, les industriels fournissaient le matériel
nécessaire sans loyer, les ouvriers travaillaient à tour de rôle à raison
de cinq sapèques par jour et c'était merveille de voir l'activité qui
régnait dans le sanctuaire de la justice. A la fin les contribuables por-
tèrent plainte, ils distribuèrent beaucoup d'argent à Kàchgar pour se
faire entendre, le préfet en distribua de son côté pour démontrer sa
vertu. Il en distribua de nouveau à Ouroumtchi; on accepta tout ce qu'il
voulut donner et lorsqu'on eut jugé avoir pris une part suffisante aux
bénéfices de l'usine, on destitua le trop actif manufacturier. Il avait
manqué de mesure; il en est d'autres qui sont plus discrets, savent
réaliser des profits importants sans faire crier personne et méritent les
éloges du gouvernement, qui tient moins à l'honnêteté scrupuleuse qu'à
la tranquillité.
Il est nécessaire du reste de se mettre en garde contre les exagérations.
Ce qui nous paraît être un vol qualifié n'est point considéré comme
tel par les Chinois et les Turcs. Les préfets et leurs subordonnés n'étant