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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0303 |
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 |
| 1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2 |
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OCR読み取り結果
rations commerciales dont le préfet les charge pour son compte ; en
cas de réquisition de chevaux, denrées, etc., de la part des autorités
supérieures, ils enflent l'addition le plus qu'ils peuvent; quand un
fonctionnaire en voyage leur donne de l'argent pour payer ses four-
nisseurs, ils mettent cet argent dans leur poche, ils escamotent un certain
nombre de rôles de contribution personnelle; lorsque le préfet requiert
des ouvriers, le bek désigne pour aller à la corvée tous ceux qui ne le
payent pas pour en être exemptés. Naturellement les riches ne sont
pas soumis à cette contribution exceptionnelle, ils se contentent d'in-
viter le bek à dîner; c'est d'ailleurs à charge de revanche et quand l'un
des riches deviendra bek à son tour il rendra à l'ex-bek ses politesses.
Je remarque encore une fois que ces sociétés orientales ne sont jamais
démocratiques qu'en apparence. Dans la répartition de l'impôt les
notables sont ménagés, les pauvres surchargés. Durant le séjour de
notre caravane à Tchertchen, les vivres, les animaux de bât nous ont
été fournis par la population sur la réquisition du mingbâchi; or nous
avons pu vérifier que tout le poids était retombé sur les pauvres, et les
riches n'auraient rien fourni si nous n'avions pris sur nous de les re-
quérir individuellement et directement afin de ne pas excéder la foule
des petits cultivateurs. Si les Chinois ont laissé l'administration can-
tonale aux indigènes et s'ils ont pratiquement abandonné aux notables
le choix des fonctionnaires locaux, ce n'est nullement par libéralisme,
c'est afin de ne point prendre la responsabilité de cette administration
plus épineuse qu'avantageuse, et parce qu'ils savent qu'ils obtiennent
beaucoup plus de la population par l'intermédiaire d'indigènes qu'ils
n'en obtiendraient par des officiers chinois. Au demeurant le bek indigène
comme l'amban chinois doit prendre garde de ne point dépasser les
bornes de la patience populaire. Si les administrés tondus de trop près
crient et recourent au préfet, le bek est certain de perdre beaucoup
d'argent et risque fort d'être destitué. Instruits par l'expérience, les
Chinois ne pardonnent plus aujourd'hui comme autrefois les intem-
pérances fiscales des fonctionnaires locaux et ils font droit d'autant
plus volontiers aux plaintes des contribuables qu'une révocation leur
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