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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0305 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 305 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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seul qui soit élevé, 15 pour 100 en moyenne; mais il est presque
unique, et l'on y est accoutumé de longue date; l'impôt sur le bétail
est très modéré; les autres taxes sont insignifiantes, sauf celle sur les
ventes; encore celle-ci, qui plus que tout autre excite des murmures
parce qu'elle n'est pas conforme à l'orthodoxie religieuse, a-t-elle été
supprimée dans l'arrondissement de Kéria en 1891, dans le reste de
la Kachgarie en 1893. « Pour mettre fin aux abus en matière de per-
ception et de répartition d'impôts, me disait un haut fonctionnaire, il
faudrait instituer un contrôle très compliqué qui coûterait plus cher
aux contribuables que les abus à corriger. » Quant à la justice, il y
a au moins un mandarin sur deux qui la rend consciencieusement
sans préjudice pour les épices, et le peuple ne pense pas que
la proportion soit si mauvaise. Il loue les bons juges et s'en félicite, il
rit des mauvais, les critique et les blâme avec une liberté de langage
qui étonne, et le voyageur novice se dit : Voilà des gens bien impatients
de leurs maîtres, sans doute il va se passer quelque chose. Cependant
le temps s'écoule et rien ne se passe. Le même voyageur se rend en
Chine et y observe les mêmes abus et les mêmes critiques, le peuple
bafoue les magistrats, hautement, ouvertement et les magistrats laissent
dire, sûrs que, sa chanson finie, le justiciable leur apportera les épices
et le pot-de-vin. Le voyageur comprend alors l'extraordinaire liberté
des satiriques de notre moyen âge dont les puissants étaient les pre-
miers à rire, sachant que ces épigrammes ingénues n'étaient point un
signe d'impatience et de révolte; il comprend combien les êtres simples
sont partout des êtres d'habitude, qui ne se soucient point de réformes,
qui estiment qu'il faut prendre les choses comme elles sont, qu'un mal
connu vaut mieux qu'un bien ignoré, que vouloir la perfection c'est
vouloir que le soleil brille en plein minuit, qu'il faut rire des mauvaises
institutions sans prétendre y rien changer. Ils pensent en outre que