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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0309 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 309 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

Le genre humain, réduit par l'ignorance des premiers âges aux
seuls Chinois (les Chinois s'appellent encore aujourd'hui les gens qui
vivent sous le ciel), le genre humain, dis-je, est considéré comme une
vaste famille dont le père commun est l'Empereur. Cet empereur,
unique et universel, représente l'humanité dans la trinité sacrée
qu'elle forme avec le ciel et la terre, et en dirige les mouvements
de façon qu'ils soient d'accord avec ceux de la nature entière. Par
conséquent, admettre un prince étranger sur un pied d'égalité avec
l'Empereur serait commettre un sacrilège qui romprait l'harmonie du
monde. Le gouvernement chinois ne peut avoir aucune relation avec
les peuples qui refusent de reconnaître la suprématie du père commun
des hommes, car en ne reconnaissant point cette suprématie ils se
mettent eux-mêmes en dehors de la famille humaine. D'autre part, il
n'y a aucune nécessité à les contraindre d'y rentrer : la Chine n'a besoin
de personne, elle doit se suffire et se suffit en effet à elle-même ; elle
possède une maison large et commode munie d'un bon potager où rien
ne manque, elle l'a soigneusement close et a jugé superflu de pratiquer
des fenêtres sur la rue, parce qu'elle veut ignorer les voisins et les
passants qui pourraient jeter le trouble dans sa maison, qu'elle entend
ne point se mêler de leurs affaires comme elle entend qu'ils ne se
mêlent point des siennes. « Balaye la neige devant ta porte, dit le
proverbe, et ne t'occupe point de la glace sur le toit de ton voisin. »
Ainsi ce dogme de la primauté de l'Empereur de Chine, qui aurait pu
aboutir à de désastreuses tentatives de monarchie universelle, a au
contraire abouti, grâce à la sagesse de ceux qui l'ont interprété, au
principe de non-intervention. Toutefois ce principe ne peut en pra-
tique être appliqué avec une étroite rigueur. La famille chinoise a
malheureusement de proches voisins, gens turbulents dont les querelles
lui importunent les oreilles, dont les batailles ébranlent la cloison
mitoyenne, gens pauvres qui envient ses richesses et qui ont la mau-
vaise habitude de percer les murs pour voler les fruits et les légumes
de son jardin, gens individuellement peu dangereux, mais capables de
former entre eux des ligues redoutables. Le seul moyen d'avoir la paix