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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0312 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 312 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

pire est aujourd'hui inférieure peut-être et certainement n'est pas supé-
rieure à ce qu'elle était au début du siècle. Elle a mis, il est vrai, quelque
vigueur dans sa résistance, elle a fait de grands efforts pour reprendre
le Turkestan, qui lui avait échappé, et y a réussi, elle a rétabli chez elle
un ordre suffisant depuis environ vingt années, elle a sauvé pour un
instant la Corée des mains de l'ennemi; mais les adversaires qui lui sont
venus par mer, d'où elle n'en prévoyait point, ont fortement ébranlé l'édi-
fice ingénieux de sa politique; ils l'ont obligée à reconnaître, des lèvres
sinon du cœur, qu'il y a par le monde des souverains égaux à l'empereur,
l'ont contrainte d'entretenir des relations régulières avec des États indé-
pendants, ont brisé sur un point la ceinture de marches qui la protégeait
en s'emparant du Tonkin et de la Birmanie. Ce sont là des revers dont
elle ne se console pas, qui ont jeté le désarroi dans ses conseils, fait
chanceler sa foi dans les vieux principes sans que pourtant elle songe
sérieusement à les abandonner, car elle ne se sent point le cœur de
s'en détacher et ne sait point comment les remplacer. Elle les suit
donc, faute de mieux, sans enthousiasme et sans entrain, à la manière
dont des soldats suivent un chef qu'ils savent malheureux.
Ces généralités préliminaires nous permettront de mieux voir la
place qu'occupent dans l'ensemble des affaires chinoises les affaires
présentes du Turkestan dont nous traitons ici et celles du Tibet dont
nous parlerons en un autre lieu de ce volume et il nous sera facile dès
lors de relier à la politique générale de la Chine la conduite qu'elle tient
dans ces pays. Elle les a annexés à son empire afin qu'ils lui servent de
barrières contre des voisins indépendants et envahissants. Comme elle
veut les occuper au meilleur marché qu'il est possible, il lui a paru
nécessaire d'en fermer la porte aux étrangers, ou du moins de ne les
admettre qu'en petit nombre, en les soumettant à des règlements rigou-
reux, de les empêcher de s'établir à demeure sur le territoire de l'em-
pire et d'entretenir avec la population des relations autres que stricte-
ment commerciales, et encore s'arrangea-t-elle de façon à réduire
celles-ci à leur minimum. En effet, si les étrangers pouvaient pénétrer
librement en ces contrées, il leur serait aisé d'y nouer des intrigues