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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0313 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 313 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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avec les mécontents, d'exciter le peuple à l'insubordination. La situa-
tion de la Chine en serait plus difficile, son influence en serait compro-
mise et elle serait obligée, pour faire respecter son autorité, de recourir
à des moyens de contrainte plus énergiques. Ce système d'isolement
semble s'imposer d'autant plus que dans le cas dont il s'agit les voisins
sont les Russes et les Anglais, c'est-à-dire des voisins puissants et ambi-
tieux, que les Chinois soupçonnent de ne vouloir se créer des intelli-
gences dans la place que pour s'en emparer plus aisément. Ils se sont
donc appliqués à interdire l'accès de la forteresse aux indiscrets et aux
suspects; mais ils n'y ont réussi que pour le Tibet. Conformément à
leurs vieux principes ils avaient ouvert la porte du Turkestan aux gens
du Khokand, du Badakhchân, de l'Afghanistan, du Kachmir, dont les
princes avaient reconnu du moins nominalement la suprématie de l'em-
pereur¹. Le khân de Khokand s'était engagé à surveiller les khodjas,
descendants des anciens chefs religieux de la Kachgarie, et à les empê-
cher de passer la frontière pour fomenter des révoltes. Il reçut même
de l'argent pour ce service. Grâce à cette entente, beaucoup de troubles
furent évités, bien que le prince de Khokand ne fut pas toujours
très fidèle ni assez sévère dans sa surveillance et laissa ou fit échapper
ses prisonniers six fois dans le cours du présent siècle. Devenus maîtres
ou protecteurs des différents pays cités plus haut, les Russes et les
Anglais imposèrent le maintien des anciennes relations. Les Turcs étant
musulmans, il était impossible de les empêcher d'avoir des rapports
avec leurs voisins de même religion et comme la Chine, loin de pou-
voir compter sur la complicité de ses sujets, était sans cesse obligée
d'en réprimer les révoltes, elle fut impuissante à faire prévaloir son
système d'isolement. La Russie, ayant occupé Khouldja pendant la
domination de Yakoub Bek afin d'assurer la sécurité de ses frontières
contre les incursions des bandits kyrghyz, ne restitua cette province à