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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0314 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 314 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

la Chine en 1880 que moyennant un bon traité lui permettant d'entre-
tenir des consuls à Khouldja et à Kâchgar, des agents commerciaux
dans toutes les villes et supprimant tous droits de douane ou de vente
sur les marchandises russes. Les Russes ont aujourd'hui un nombre
considérable de leurs sujets, marchands ou autres, établis dans le Tur-
kestan. Ce sont presque tous des Sartes du Ferghânah et on les appelle
Andidjânlyk du nom de la ville qui est le premier entrepôt important de
l'autre côté des montagnes. Les marchands, établis en vertu d'un billet
délivré par le consul moyennant 9 tengas, sont au nombre de 200 à
Kâchgar, 100 à Aksou, 15 à Yangi Hiçâr, 30 à Maralbâchi, 60 à Yâr-
kend, 70 à Khotan, 40 à Kéria. Ils sont soumis à la juridiction du
consul de Kâchgar, qui s'étend, le cas échéant, jusqu'à Boukalyk. Seul
il a droit d'employer contre eux des moyens coercitifs. Dans chaque
ville ils ont un syndic, aksakal, qui sert d'arbitre en cas de contesta-
tion ou de fraude en matière commerciale; s'il échoue dans sa tentative
d'accommoder les parties, si sa décision n'est pas acceptée par le
coupable, il provoque l'intervention amiable de l'autorité chinoise et
c'est seulement après avoir épuisé ces moyens que l'on s'adresse au
consul, qui juge en dernier ressort. En dehors de ces marchands il y a
beaucoup de sujets russes installés à demeure un peu partout, mariés
avec des femmes du pays malgré la loi chinoise, impossible à faire res-
pecter parce qu'elle est contraire à la loi civile musulmane, possédant
des propriétés au nom de leurs femmes et de leurs enfants, tournant ainsi
la loi qui interdit aux étrangers de posséder des immeubles en leur nom
propre. Enfin au temps de Yakoub Bek une foule de gens originaires du
Khokand ou de la Boukharie étaient venus chercher fortune dans les états
de leur compatriote, et depuis y sont restés, riches ou pauvres. Une part
notable de la propriété foncière est entre leurs mains et s'ils sont devenus
légalement sujets chinois, ils n'ont point oublié leur origine et ils font
corps avec les sujets russes. Tous ces Andidjanais étant de même race,
de même religion et de même langue que les autres habitants, ils
sont particulièrement aptes à répandre l'influence russe dans la contrée.
Ils forment un parti considérable, chaque jour grandissant, dangereux