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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0318 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 318 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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et produisent des généalogies différentes dont ils affirment l'au-
thenticité. Quoi qu'il en soit, les premiers n'ont la majorité qu'à
Kâchgar, les autres sont prépondérants à Khotan, à Kourla et dans tout
l'est de la contrée. Ce parti, favorable aux Chinois pour le moment,
a pour lui la défiance généralement répandue contre les Andid-
janais, à qui l'on en veut de la part qu'ils ont prise, lorsqu'ils étaient
sujets de Khokand, à la conquête de la Kachgarie par Yakoub Bek et
au gouvernement de ce despote de désagréable mémoire. Il circule sur
leur compte des chansons populaires et spontanées où ils sont habillés
de toutes pièces. En général les beks et le clergé sont franchement
opposés à toute domination anglaise ou russe, qui diminuerait leurs pri-
vilèges et leurs profits bien plus encore que les Chinois ne l'ont fait, et
qui, selon les habitudes invincibles de tous les gouvernements euro-
péens, ne tarderait pas à s'immiscer dans le droit civil aussi bien que
dans le droit criminel. Aussi bien l'administration chinoise est devenue
supportable, malgré ses défauts, à cause précisément de la crainte que
le voisinage des Anglais et des Russes inspire aux autorités impériales.
Si l'administration de l'Inde est plus régulière, si les fonctionnaires
anglais en particulier sont intègres et justes, il n'en est pas moins vrai
que par suite du petit nombre des juges et de l'immensité des circuits,
la justice est lente et coûteuse et que les tchoupraci, officiers inférieurs
indigènes, insuffisamment surveillés, se rendent coupables d'une foule
d'exactions aux dépens des plaideurs ignorants. Si les impôts sont
mieux répartis et plus honnêtement perçus, ils sont aussi plus élevés,
car l'armée et les travaux publics entraînent des frais énormes, et
les pèlerins du Turkestan, qui se rendent pour la plupart à la Mecque
par l'Inde, sont beaucoup moins frappés de la commodité des chemins
de fer, de la beauté impériale des routes et des mesures aussi humani-
taires qu'illusoires prises contre les famines que de la haine que tous les
habitants de la péninsule, musulmans et hindous, nourrissent contre
les maîtres du jour à cause de l'insolence hautaine de ceux-ci, à cause
du dédain où ils tiennent les indigènes même les plus remarquables par
leur intelligence et leur naissance, à cause de la foule de prescriptions