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0319 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 319 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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ennuyeuses, vexatoires, contraires aux mœurs locales, que, malgré l'in-
différence réelle qu'ils ont pour le bien des races sujettes, ils leur imposent
cependant par respect de l'opinion métropolitaine, par préjugé hygiè-
nique ou humanitaire, par nécessité de police, par manie de l'ordre exact
et immuable. Quant à l'administration russe, en dépit des efforts sincères,
constants, énergiques du gouvernement de Pétersbourg, elle n'est pas
à l'abri du reproche. On en sait assez à cet égard pour qu'il me soit
inutile d'insister. Les Russes ont puisé à l'école de la Prusse un souci de
la réglementation minutieuse auquel les Anglais n'ont jamais atteint et
la comparaison leur ferait tort dans l'esprit des indigènes sans la négli-
gence, felix culpa! avec laquelle ils traitent toutes les affaires! J'ai
noté ailleurs l'opinion que les Kyrghyz ont de l'administration russe¹.
Ils pensent que le bien-être diminue en proportion que l'ordre aug-
mente et les Kyrghyz chinois se trouvent mieux partagés que leurs
frères de Russie. De même les Mongols de Chine sont dans une condi-
tion meilleure que les Kazak sujets du tsar, et cela provient uniquement
du désir honorable que les Russes éprouvent d'améliorer le sort de
leurs sujets nomades. Ils ont réformé l'impôt, ils ont introduit une justice
plus impartiale, une grande sécurité pour les personnes et les biens,
ils ont supprimé les prestations, ils dépensent de l'argent pour les Kazak
et les Kazak sont mécontents. La Chine ne se soucie en rien du bien des
Mongols, elle conserve précieusement tous les vieux abus, elle main-
tient ses sujets autant qu'elle peut dans la vie nomade au lieu de les
encourager à en sortir, ne dépense pas une obole pour eux, en tire au
contraire un bon revenu annuel et les Mongols sont contents parce qu'ils
sont plus libres, ce qui a toujours été et sera vraisemblablement toujours
la plus grande joie de l'homme.

De tout cela il faut conclure que les Russes ont tort de prétendre
que le Turkestan est prêt à se jeter dans leurs bras avec enthousiasme
à la première occasion. Le parti proprement russe est médiocre en
somme; seulement le voisinage des Européens a ouvert les yeux des