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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0320 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 320 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

indigènes sur les défauts de la domination chinoise et les a rendus plus
difficiles à satisfaire. Le parti chinois, de beaucoup le plus nombreux, ne
soutient le gouvernement de Pékin que comme un pis-aller et la Chine
ne pourrait pas compter, en cas de complications extérieures, sur un
appui bien franc et sans réserves de ce côté. Elle doit ne se fier qu'à sa
force matérielle, c'est-à-dire à son armée, et malheureusement pour
elle celle-ci est insuffisante. Il y a quelque vingt années, le gouverne-
ment avait annoncé *urbi et orbi* qu'il avait organisé une armée à l'eu-
ropéenne. Cent mille hommes à Pékin, cent mille dans le Turkestan,
tant pour l'armée active, tant pour la réserve, tant pour la territoriale.
Quand j'arrivai au Turkestan, je pensais, sur la foi des bruits qui cou-
raient, trouver quelque chose d'au moins présentable. Je fus vite
détrompé. Au lieu des cent mille hommes annoncés il y en avait trente
mille sur le papier, moins de quinze mille en réalité ; la solde des
quinze mille autres servait à parfaire les appointements des généraux
et colonels. Dans l'intendance de Kâchgar les troupes comptent
au total sur le papier 6,250 fantassins et 1,075 cavaliers répartis ainsi
qu'il suit :

Kâchgar, vieille ville. . . 500 fantassins 225 cavaliers
id nouvelle ville. . 4,000 — 450 —
Yârkend. . . . . . . 800 — 200 —
Khotan. . . . . . . . 450 — 200 —
Maralbâchi . . . . . 500 — 0 —

Ces effectifs médiocres sont commandés par des chefs militaires aux
titres magnifiques. Il y a un tsiang-kiun, général en chef des Mant-
chous à Khouldja, un Ti-t'ai, maréchal chinois à Kâchgar, un général
à Tarbagatay. Mais ces hauts dignitaires sont de la plus complète
ignorance, ils ne savent ni lire ni écrire et leurs secrétaires lettrés se
moquent d'eux. Il n'existe pas d'approvisionnements sérieux en dépit
des greniers publics. Pour envoyer quelques centaines de soldats au
Pamir il fallut faire des réquisitions telles que les prix montèrent pour
le riz de 100 sapèques à 137, pour le maïs de 30 à 55, pour le foin de
2 1/2 à 7 et qu'elles faillirent soulever des émeutes. L'armement est