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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0325 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 325 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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démontrèrent les Anglais en s'emparant du Kandjout et du Ouakhân,
qui n'étaient pas compris dans les fameuses frontières scientifiques
inventées jadis par lord Beaconsfield.

Les successeurs de ce fougueux impérialiste en ont appelé de la
science mal informée à la science mieux informée. Celle-ci leur a
enseigné que lorsqu'une puissance s'est étendue dans une plaine jus-
qu'au pied d'une montagne, elle se doit à elle-même, pour défendre
la plaine, de gravir la montagne jusqu'à son sommet et que lorsqu'elle
est parvenue à la ligne de faîte il est de son devoir non moins strict de
descendre l'autre versant, afin de protéger la ligne de faîte. C'est en
vertu de ce principe très simple que les Anglais profitèrent de la pre-
mière occasion pour prendre le Kandjout d'abord, puis le Tchatral,
deux territoires dont la position au pied méridional de la grande chaîne
de l'Hindou Kouch devait leur permettre d'occuper la passe de Ba-
roghil au sommet de la chaîne et ensuite de descendre le versant
septentrional jusqu'aussi loin qu'il serait possible. Pour réussir et
devancer les Russes qui venaient par le nord afin de s'étendre jusqu'à
l'Hindou Kouch, il fallait agir vite, et les Anglais montrèrent un esprit
de décision et une promptitude peu communs qui déconcertèrent les
plans des Russes.

Les Chinois n'avaient pas manqué de protester contre le coup de
main des Anglais, qui leur prenaient une partie de leur territoire. Ils
envoyèrent des troupes au Pamir et une grande excitation s'empara
des indigènes du Turkestan; on crut que le rideau allait se lever sur
une tragédie, mais il en fut autrement et il fut décidé que pour cette
fois on se contenterait d'une comédie. Les Anglais démontrèrent aux
Chinois qu'au lieu de se quereller il valait beaucoup mieux s'entendre
contre l'ennemi commun, que celui-ci n'avait d'autre intention que
de mettre la main sur le Sarygh Kol, territoire chinois situé sur le
versant chinois du Pamir, et dont la perte mettrait la Kachgarie à
découvert. Les Anglais proposèrent aux Chinois de leur garantir
contre toute attaque la possession de ce territoire, si nécessaire à la
sécurité du Turkestan, et, pour prix de ce service, ils garderaient le