National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0345 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 345 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000197
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

de largeur à l'emmanchure du côté du lac Pang-kong, 700 à l'autre
extrémité, sur 1,100 de largeur et couvrant ainsi une surface égale à
celle de la France. Cette partie du Tibet étant la plus éloignée de l'Océan,
les précipitations atmosphériques y sont plus rares qu'ailleurs, le climat
y est d'une grande sécheresse et les eaux n'y peuvent acquérir assez de
puissance pour triompher des obstacles et se façonner un chemin vers
la mer. Les chaînes de montagne sont largement étalées, arrondies,
mal articulées, séparées par des vallées presque plates ¹, semblables
aux Pamirs, d'une altitude absolue considérable, médiocrement infé-
rieure à celle des sommets. Aucune pente générale n'y est suffisamment
déterminée pour permettre aux eaux de s'assembler en rivières ; les
ruisseaux et les torrents s'en vont s'endormir dans des lacs innombra-
bles, éparpillés de tous côtés comme des fragments de miroir brisé.
L'écoulement des eaux est si peu favorisé que le terrain est entièrement
imprégné d'eau, sauf sur les côtes, gelé et solide pendant 8 mois de
l'année, boueux et mouvant au cœur de l'été. C'est justement le
régime de la toundra sibérienne. Aucune autre contrée au monde n'a
une altitude moyenne égale sur une pareille surface. Cette altitude
moyenne est supérieure à 5,000 mètres, les vallées ayant de 4,400 à
5,300 mètres, les pics de 6,000 à 7,500, les cols de 5,000 à 5,800. La
partie septentrionale de cette région est la plus élevée, les vallées n'y ont
jamais moins de 4,800 mètres ; aussi la température est-elle fort
rigoreuse, montant avec peine à 15 ou 16 degrés en été à une heure
de l'après-midi pour descendre à zéro ou au-dessous la nuit ; en hiver
il sévit des froids de 40 degrés et plus. La végétation est à peu près
nulle et le peu d'herbe qui pousse n'est jamais verte. Les pâtres tibé-
tains n'y viennent point planter leur tente. A l'ouest de 80° de longitude,
ils s'avancent jusqu'un peu au nord du 34° parallèle (Mang-rtsé), mais
à l'est ils ne s'aventurent que peu au delà du 33° dans la saison chaude et
restent au-dessous du 32° en hiver. La partie de la région lacustre, qui