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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0351 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 351 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

en se tortillant des hanches. J'ai signalé ailleurs à quel point ils
s'étaient accommodés à l'altitude excessive de leur pays, qui n'a pour eux
aucun inconvénient. Grâce à cette accommodation ils peuvent suppor-
ter sans trop de peine de longues marches et se livrer à des courses
rapides dont peu d'Européens seraient capables en de semblables mon-
tagnes. Cependant je n'ai pas éprouvé que les Tibétains fussent plus
résistants que nous à la fatigue et plus endurants de la souffrance que
nous ne le sommes, c'est plutôt le contraire qui est vrai, car s'ils ont le
corps moins délicat, ils n'ont pas un ressort moral aussi puissant.

C'est peut-être une entreprise assez illusoire que d'essayer de tracer
un portrait moral du Tibétain. Les rares caractères qui sont com-
muns à tous les habitants du Tibet et à eux seuls ne sont nullement
constitutifs de l'âme tibétaine, mais simplement surajoutés, résultant
des antécédents historiques et des conditions sociales et politiques. En
général, on peut dire que le Tibétain est d'une douceur non exempte
d'hypocrisie ; il est faible, timide, obséquieux et défiant comme tous les
faibles. C'est là une conséquence du gouvernement clérical, qui lui est
imposé, gouvernement tyrannique, sectaire, soupçonneux, tremblant
de voir l'autorité lui échapper, attentif à maintenir chacun dans une
dépendance servile et faisant de l'espionnage et de la délation mutuelle
la base de l'édifice social. La peur plane sur le Tibet entier, le gouver-
nement craint ses sujets, et les sujets leur gouvernement, chacun
redoute son voisin, son ennemi et son ami, le particulier s'effraye
du pouvoir arbitraire du fonctionnaire et du lama, ceux-ci trem-
blent devant leurs supérieurs, lesquels à leur tour sont sans cesse
inquiets des sourdes intrigues qu'ils découvrent ou supposent chez
leurs inférieurs. La peur conduit ordinairement à la cruauté et cela
explique la fréquence des meurtres et surtout des empoisonnements,
ainsi que la barbarie des supplices que les Tibétains font subir à leurs
condamnés; ce n'est point que leur cœur soit naturellement dur et
fermé à la pitié. Il va de soi que les Tibétains montrent encore plus de
défiance à l'égard des étrangers que de leurs compatriotes et c'est pour
cela qu'il est si difficile de tirer d'eux le moindre renseignement. Mais