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0354 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 354 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

les environs du Kouk nor. Cela prouve que dans l'opinion des Chinois
les Tibétains auraient occupé primitivement les vallées fertiles de la
Chine, d'où ils auraient été chassés par le peuple conquérant des cent
familles, et que l'installation des Tibétains dans leur patrie actuelle
remonterait aux âges préhistoriques.

Il est fort probable que les Tibétains appartiennent à la même souche
que les divers peuples turco-mongols. Non seulement le type physique
des uns et des autres présente une assez grande analogie, mais les
mœurs et les croyances des uns et des autres ont des rapports frap-
pants. Sans doute le processus de la civilisation ayant été à peu près le
même dans toutes les races, il ne faut point s'appuyer sur l'identité
de quelques coutumes chez deux peuples, ni même sur la similitude des
principes généraux qui servent de base à leurs sociétés respectives,
pour conclure à leur parenté ethnique. Autrement il serait très facile
de démontrer que les Chinois ont la même origine que les Grecs. Mais
en ce qui concerne les Tibétains, on observe entre leurs usages les
plus anciens et ceux des Turcs et des Mongols des ressemblances si
étroites, se poursuivant parfois si exactement jusque dans le menu détail
qu'il est impossible de n'y voir qu'une concordance fortuite. La diffé-
rence de langage est une difficulté : on sait que les Tibétains parlent un
idiome en partie monosyllabique comme le chinois, en partie aggluti-
nant comme le mongol, possédant déjà des rudiments de déclinaison
et de conjugaison qui lui permettent d'avoir une syntaxe se rapprochant
plus de la syntaxe turque que de la chinoise; d'ailleurs son vocabulaire
est tout à fait spécial. Il est bien certain que, si l'hypothèse de la com-
munauté d'origine des Tibétains et des Mongols est juste, les premiers
ont été notablement modifiés au cours des âges comme leur type phy-
sique en fait foi. Il est très possible que, venus de Mongolie, ils aient
trouvé une autre race, installée avant eux dans le pays des sources des
grands fleuves, avec laquelle ils se soient mélangés et dont ils aient
emprunté en quelque mesure la langue et la structure corporelle. Peut-
être subsiste-t-il quelques débris de cette race primitive parmi les peu-
plades sauvages du Seu-tchouen, du Yun-nan ou de l'Himalaya.