National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0355 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 355 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000197
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

Les légendes tibétaines du Livre des Rois ne nous apprennent rien sur
les origines; ce ne sont que des inventions laborieusement arrangées par
des scribes pédants, qui rappellent beaucoup les traditions de la Chine
primitive, déformées avec un rationalisme puéril par les historiens
postérieurs. C'est le même système qui consiste à attribuer à une série
de rois très sages la découverte et l'application des arts nécessaires à la
vie et l'établissement des institutions qui sont la base de la société. Le
premier de ces rois, Nya-t'i t'san-po, venait, dit-on, de l'Inde; il entra
dans le Tibet par le Bhoutan et passa par le mont Yar-lha-cham-po
pour se rendre à Lha-sa. C'est là une légende évidemment forgée
par les moines bouddhistes habitués à tout rapporter à l'Inde et qu'il
faut rejeter d'emblée. Néanmoins il n'est pas impossible que les moines
aient en cela dit inconsciemment quelque chose de vrai et qu'une
partie de la population tibétaine soit sortie à une époque extrême-
ment reculée de la plaine du Gange. La plus ancienne mention certaine
qui soit faite des Tibétains dans l'histoire se rencontre dans les Annales
des Han, qui les connaissent sous le nom général de K'iang et relatent
que dès 770 av. J.-C. ils furent en lutte avec les Chinois¹. Dès le début
de l'ère chrétienne des marchands traversaient le Tibet pour se rendre
de Palimbothra regia (Patna) à la capitale de la Chine en passant par le
Népal et Lha-sa. Pline l'ancien appelle le Tibet pays des Attacores,
nom qui se retrouve dans Ptolémée sous la forme Ottorokorrha, ville
située près du Tsang-po et correspondant assez probablement à Lha-sa.
Le géographe d'Alexandrie connaît déjà le véritable nom des Tibétains, οἱ
βαύται; mais pour lui les Bautes ne sont qu'une des peuplades qui habi-
tent le pays compris entre l'Himalaya (Emodes) et le Nan chan (monts
Kaciens), et il les place au nord de Lha-sa. Cependant il semble que
c'était le principal des peuples du Tibet, puisqu'il a donné son nom
au fleuve Bautisos, généralisation idéale de toutes les rivières, qui