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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0361 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 361 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

auraient peut-être réussi à ruiner au viiᵉ siècle l'empire de leur suze-
rain, si celui-ci n'avait suscité contre ses dangereux voisins une coalition
presque générale de l'Asie. J'ai expliqué précédemment comment ils
avaient été pendant près de deux siècles les maîtres plus ou moins
irréguliers et contestés du Turkestan chinois, comment au cours du ixᵉ
siècle leur royaume se démembra par suite des rivalités devenues légen-
daires entre le pouvoir civil et le clergé. Les lamas, nourris, protégés,
comblés de grâce par la royauté, reconnurent ses bienfaits, dès qu'ils se
sentirent assez forts, en essayant de la chasser du logis où elle leur
avait fait place. C'est l'éternelle histoire. Les rois se défendirent, et l'un
d'eux, Lang-dar-ma, se signala par une persécution acharnée contre le
clergé. Il n'était autre, si nous en croyons la chronique, que le diable
incarné; il avait sur la tête un embryon de corne et il dissimulait atten-
tivement cette difformité, qui eût révélé à son peuple sa véritable qua-
lité. Seuls, ceux à qui il confiait le soin de sa barbe et de sa cheve-
lure pouvaient apercevoir le signe dénonciateur, mais ils n'avaient
garde d'être indiscrets, car, leur besogne achevée, ils étaient aussitôt
mis à mort. Enfin un saint ascète, qui à force de se consumer dans la
contemplation acquis le don de seconde vue, connut l'existence
de la corne et comprit que son devoir était de nettoyer de ce monstre
impur la terre sacrée des Bod. Il réussit à pénétrer secrètement dans
le palais du monarque et le tua d'un coup de flèche. Le clergé fut rétabli
au xᵉ siècle dans ses prérogatives. Khoubilay Khân reconnut comme chef
du clergé tibétain le supérieur du couvent de Sa-skya¹, lui conféra
l'autorité temporelle sous sa propre suzeraineté, et depuis, la Chine ne
cessa de soutenir le clergé. La puissance des moines vis-à-vis de la
royauté laïque déclina en même temps que la force des empereurs et
reprit vigueur avec elle. Tsong-k'a-pa, le grand réformateur, triompha
avec la dynastie des Ming, ses successeurs furent éclipsés par les rois
séculiers soutenus par les Mongols d'Ili dès que les Ming eurent perdu
leur ascendant, ils recouvrèrent leur prééminence aussitôt que la dynas-