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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0372 |
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 |
| 1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
tous les actes de la vie. Quand un individu est coupable d'un crime de
haute trahison, il arrive souvent que tous ses parents jusqu'à un degré
très éloigné soient englobés dans la punition qui lui est infligée. Il
semble que parmi les nomades les tribus ne soient que de grandes fa-
milles, dont tous les membres se considèrent comme issus d'une origine
commune. En effet, il est d'usage qu'ils portent tous le même nom en
y adjoignant pour se distinguer un surnom emprunté d'ordinaire à la
nomenclature bouddhique. Enfin l'ensemble du peuple tibétain est
conçu comme une famille encore plus étendue; l'on use pour le dési-
gner de la même expression qui indique la série des générations is-
sues d'un ancêtre commun (bod-kyi mi-gyoud) et l'on donne quelquefois
au roi le titre de yab qui est essentiellement le titre du père de famille.
Jusqu'à présent nous ne remarquons rien qui ne se retrouve également
à des degrés divers chez les Chinois, les Mongols et les Turcs. En pour-
suivant notre analyse et en passant de la famille large à la famille
étroite, nous verrons que les principes sur lesquelles celle-ci repose
sont au fond les mêmes chez les Tibétains que chez les Turcs, sauf en
un point, très important, il est vrai, et si frappant qu'il a fait à tort ou-
blier les ressemblances. Le père de famille est le maître absolu et
unique, sa femme et ses enfants lui doivent une entière obéissance,
ne possèdent rien en propre, et ne peuvent même pas, en théorie du
moins, disposer de leurs personnes. Les fils demeurent ainsi en tutelle
jusqu'au jour de leur mariage, alors le père, contrairement à ce qui se
passe en Chine, conserve seulement de son patrimoine ce qui lui est
nécessaire pour vivre et pour subvenir aux frais de ses funérailles et
constitue ses fils propriétaires du reste. C'est ici qu'apparaît la diffé-
rence entre la coutume turque et la coutume tibétaine. Chez les Turcs,
chaque fils reçoit sa part distincte (intchi) au moment où il se marie,
chez les Tibétains, le fils aîné seul reçoit le tout et devient chef de fa-
mille; les cadets passent sous son autorité, tombent à sa charge, res-
tant sous sa tutelle des mineurs incapables comme ils l'avaient été
sous celle de leur père; c'est le droit d'aînesse dans toute sa rigueur.
Devons-nous voir là deux coutumes radicalement différentes ou consi-
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