国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0376 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 376 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000197
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

quelle tout ce qui pousse, croît ou naît dans la maison paternelle, quelle
qu'en soit l'origine, appartient au maître de la maison. Les conceptions
juridiques de cette espèce ont en général beaucoup plus de pouvoir sur
l'esprit des barbares que sur le nôtre, et il n'est pas toujours vrai de
dire que les peuples primitifs ou très anciens sont plus près que nous
de la nature. Du reste, si une femme n'est pas jugée suffisante, le
frère aîné peut en épouser une seconde et une troisième, sans être
limité que par son désir et ses ressources ; rien n'empêche alors que
chaque frère ait pratiquement une femme pour lui seul, c'est une
question d'arrangement amiable. Cela me conduit à penser que l'idée
de limiter la population n'a contribué en rien à l'établissement ni au
maintien de la polyandrie. En résumé, la polyandrie tibétaine a son
principe dans une conception rigoureuse à l'extrême du privilège du
premier né et de l'unité de la lignée généalogique, qui ne doit pas se
briser et s'éparpiller en d'innombrables branches divergentes. Elle est
en corrélation étroite avec le régime de la propriété, qui est concentrée
dans une seule main et constituée en majorat parce qu'il faut que les
biens, que l'ancêtre a consacrés par sa possession et légués à sa posté-
rité, soient conservés dans leur intégrité. Cette corrélation est démon-
trée péremptoirement par ce fait que, lorsque l'un des frères quitte la
maison paternelle et s'établit à part pour vivre de son industrie et de
son travail, il peut introduire à son nouveau foyer une femme légitime,
qui appartient à lui seul comme son foyer et sur laquelle ses frères n'ont
aucun droit, car elle ne vit pas sur le bien de la famille ; et en même
temps il garde ses droits sur la femme de ses frères, comme sur l'héritage
paternel dont il a toujours l'usufruit pour sa part. Chez les nomades,
qui partagent quelquefois leur patrimoine, la polyandrie cesse avec
l'indivision de la propriété. S'il est vrai qu'à une époque préhistorique
les Turcs et les Mongols aient vécu sous le régime de l'indivision, il
est probable que la polyandrie régnait également chez eux. La coutume
que j'ai rappelée plus haut semble en être un vestige, et, de plus, nous
savons par les Annales de Liang qu'au VIe siècle une peuplade turque,
celle des Hoa ou Yeptalites, pratiquait encore la polyandrie de la