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0379 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 379 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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lant. Ce rite accompli et le décès du premier époux survenu, la veuve
peut retourner dans sa propre famille. Il est remarquable que le mari
doit obtenir le consentement de ses frères pour repudier sa femme
malgré elle. Si les frères cadets ne veulent pas se séparer d'elle et
que l'aîné s'obstine dans sa décision, il peut y avoir lieu à la division
du patrimoine, les cadets prenant une part en même temps qu'ils gar-
dent la femme repoussée par l'aîné. Cela prouve la gravité exception-
nelle du lien conjugal et démontre que les frères cadets ne sont pas
seulement, comme on l'a prétendu, des esclaves et des amants auto-
risés de l'épouse de leur frère aîné, mais qu'ils possèdent des droits
particuliers, qu'ils tiennent de leurs ancêtres, et qui, pour être le
plus souvent latents et endormis, sont capables de se réveiller en cer-
taines circonstances. Il importe de ne pas confondre la solidité du lien
conjugal avec la fidélité conjugale. Il n'existe point de rapport fixe entre
ces deux termes. Les époux tibétains, unis entre eux par une chaîne
très forte, observent en général peu strictement ce que nous considé-
rerions comme leur premier devoir. Sans doute l'adultère est tenu pour
une faute grave puisqu'il altère la pureté de la descendance ; mais ce
n'est pas un crime mortel, le plus souvent le mari se contente de corri-
ger sa femme et d'exiger du complice une légère indemnité, quatre ou
cinq roupies. Au point de vue du droit de famille et de la religion domes-
tique, c'est la notion juridique : Is pater est, qui l'emporte ; l'essentiel
est moins la réalité matérielle de la filiation que la légitimité de l'épouse,
la reconnaissance de l'enfant par le père et son initiation solennelle au
culte familial. C'est à cause de cela que le Tibétain, qui ne peut avoir
d'enfant de sa ou de ses femmes, introduit quelquefois à son foyer un
étranger, qu'il charge de perpétuer sa descendance en son lieu et place.
En réalité cet étranger est devenu un frère conventionnel, ayant les
mêmes droits qu'un frère naturel. De même, l'hospitalité consistant
chez les hommes primitifs en une accession de l'hôte à la famille de
celui qui le reçoit, il s'ensuit qu'il peut prétendre aux faveurs de la
dame du logis. C'est ce qui a lieu au Tibet, toutefois on réserve ce pri-
vilege à ses amis intimes ou aux personnages notables qui daignent
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