国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0381 |
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 |
| 1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2 |
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OCR読み取り結果
nellement responsable de ce fait. « Chez nous, concluaient-ils, avec
orgueil, la ligne féminine est inférieure ». Toutefois, je remontais dans
leur estime, lorsque je leur expliquais que si une femme régnait à
Londres c'était uniquement parce que le dernier roi n'avait pas laissé
d'enfants mâles. Les nonnes tibétaines sont fort au-dessous des moines
dans l'opinion générale et sont à peine supérieures aux laïques. Le
meurtre d'une femme donne lieu à une compensation moitié moindre
que celle exigée pour le meurtre d'un homme. La polyandrie tibétaine
n'a aucune espèce de relation avec le matriarcat, elle n'est qu'une forme
de patriarcat non moins absolue dans son principe que les formes
chinoise ou romaine. Ceux qui s'imaginent que la polyandrie est une
transition entre le matriarcat et le patriarcat pourraient faire valoir à
l'appui de leur thèse qu'au Tibet, ou au moins dans plusieurs parties
de ce pays, pour donner une jeune fille en mariage, le consentement
du frère de sa mère (jang-po) est requis. Mais le patriarcat n'a jamais
supposé la suppression de tout rapport entre un individu et sa famille
maternelle; le mariage rompt seulement les liens juridiques et religieux
qui rattachaient une fille à son père, il laisse subsister les liens natu-
rels; les parents de la jeune fille continuent à être ses protecteurs
après son mariage, ils ont le droit de faire des représentations au
mari s'il se conduit mal, de recueillir leur fille si elle est maltraitée,
abandonnée ou devient veuve, de veiller à ce que ses intérêts soient
respectés, et cette protection peut s'étendre en certains cas à la fille de
la fille sans qu'il soit besoin pour l'expliquer de recourir à l'hypothèse
d'un matriarcat primitif, que rien ne justifie dans l'espèce.
Les familles tibétaines sont médiocrement prolifiques, plus que les
françaises, moins que les chinoises. Nos propres informations concor-
dent assez bien avec les renseignements que le préfet de Nag-tchou
nous a donnés sur Gyang-tsé et Lha-sa pour nous permettre d'avancer
qu'une famille polyandre compte en moyenne sept ou huit enfants
viables, soit environ trois enfants pour deux parents. Les ménages
monogames procréent moins absolument, plus en proportion. Les filles
sont un peu moins nombreuses que les garçons, sept contre huit,
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