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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0388 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 388 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

enfin à ces diverses catégories sociales celle des francs tenanciers, des
petits propriétaires, qui, tout en étant roturiers, sont maîtres de dis-
poser à leur gré de leurs biens, ne doivent rien à personne, sauf l'impôt,
le service militaire, la corvée et la réquisition à l'État.
Les territoires des nomades du nord-est, qui ne dépendent point
de Lha-sa, ont une organisation sociale analogue, mais plus simple
et probablement plus ancienne. Les divers rois ont autour d'eux une
cour de barons (kou-tsa) héréditaires, qui se partagent les principaux
offices de l'État et reçoivent des concessions de terre perpétuelles, dont
les habitants sont leurs serfs. Au-dessous d'eux sont les chefs de tribus,
également héréditaires et toujours les plus grands propriétaires de leur
tribu, puis les chefs de clan, qui constituent le dernier degré de la no-
blesse nomade. La royauté est un organe relativement moderne qui a
été superposé aux deux groupes essentiels et primitifs, la tribu et le
clan. Ceux-ci paraissent être dans leur principe des familles de plus en
plus étendues, dont les chefs possèdent en outre du pouvoir politique
toute l'autorité du père de famille et toutes les prérogatives du pro-
priétaire. Les Tibétains ne connaissent pas d'autre nom de famille que
celui de leur tribu¹ et les titres dont ils désignent leurs chefs sont les
mêmes qui servent à marquer les relations de serviteur à maître et de
tenancier à propriétaire (pon-bo, dag-pon).
En résumé, la grande masse de la société laïque du Tibet m'a paru
se diviser en deux classes principales : des seigneurs et maîtres très
puissants et très honorés d'un côté, de l'autre des domestiques et des
serfs dont la condition est assez misérable, sauf pour ceux qui sont
investis de la confiance du maître. Presque tous les hommes que nous
avons rencontrés dépendaient de grands propriétaires, n'avaient que la
garde d'une faible part des biens de ceux-ci, avaient de lourdes charges
et peu de profit, ne possédaient pas le droit d'aliéner un seul mouton
et ne se souciaient que de vivre au jour le jour avec le moindre labeur