国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0390 |
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 |
| 1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2 |
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OCR読み取り結果
misère, mendie plutôt que d'exercer une profession dérogatoire. Les
serfs n'ont aucun intérêt à améliorer la culture ou l'élevage parce qu'ils
en profiteraient beaucoup moins que leurs maîtres; les petits proprié-
taires sont écrasés par les grands seigneurs et les couvents, qui font
peser sur eux la charge des impôts, les mangent par l'usure, les empê-
chent de s'accroître en n'aliénant pas ou presque pas, accaparent les
produits et tiennent le marché; les grands propriétaires individuels ou
collectifs ne sont pas poussés par la concurrence à développer sans
cesse leur production. Ainsi, du haut en bas la routine règne avec la
négligence, l'effort vers le mieux est banni; car il serait presque tou-
jours inutile, quelquefois dangereux. A ces faits généraux, communs à
tout le Tibet, il faut joindre, pour la partie orientale du pays, les troubles
politiques, les luttes entre tribus, le brigandage endémique, le peu de
sécurité pour les personnes et les biens.
Les mauvaises conditions physiques s'associent aux mauvaises con-
ditions sociales pour faire du Tibet une des plus pauvres contrées de la
terre. On sait combien la végétation y est naturellement indigente. Il
y a, répandus sur toute la surface du Tibet, de grands espaces couverts
de neige et de rochers, occupés par des pentes abruptes où rien ne
pousse. Les espaces non absolument arides ne produisent dans la plus
grande partie du pays qu'une végétation herbacée, qui n'est rien moins
que luxuriante. En 1892, 1893 et 1894 nous avons voyagé au Tibet
sans rencontrer de bois. Les forêts ne dépassent pas une ligne tirée
environ au N. 60 E. à partir de quelques kilomètres au nord de Lha-sa,
passant par Ba-ta soum-do, le nord du Dé-rgyé et aboutissant à
Lta-sen gon-pa au coude du fleuve Jaune. Au nord de cette ligne il
y a seulement en certains endroits spécialement favorisés quelques
arbrisseaux ou buissons que l'on pourrait compter. Au La-dag le
génévrier (choug-pa) et le tamaris (om-bou) sont les seuls arbres
qui croissent naturellement, sur les bords septentrionaux du Nam
ts'o quelques génévriers apparaissent et dans le bassin du haut
Mékong par près de 33° de latitude on rencontre quelques saules nains
(tchang-ma). Au sud on trouve les mêmes essences, mais les saules
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