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0393 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 393 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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beurre russe. Cette denrée joue un rôle prédominant dans la vie du
Tibet, qui est véritablement le pays du beurre : il constitue le fond de
l'alimentation, il sert de pommade, de cold-cream, de vaseline, d'huile
à brûler, de matière à sculpter diverses figures religieuses en certaines
fêtes. Le prix d'un bon yak de bât oscille entre 15 et 20 roupies à Nag-
tchou et à Gyé-rgoum-do; les bêtes destinées aux transports sont
naturellement des individus exceptionnels et un yak ordinaire ne vaut
en moyenne que dix ou douze roupies. Des moutons et des brebis on
tire de la viande, des fourrures pour l'hiver, de la laine pour l'expor-
tation ou la fabrication de tissus indigènes. Dans le Tibet occidental, où
les yaks sont moins nombreux, on se sert des moutons pour porter des
fardeaux. Le mouton tibétain est moins gros que le mouton kyrghyz,
et celui du La-dag, pays peu riche en pâturages, est plus petit que
celui du Tibet oriental ou du Tibet central. La chair est moins délicate
que celle du mouton de Khotan, la graisse plus abondante, la laine
moins fine, épaisse, drue, assez grossière. Le prix de la laine est à
peu près le même qu'à Khotan de 26 à 28 roupies le quintal; il faut
seulement faire attention que la vie étant plus chère au Tibet qu'au
Turkestan, les Tibétains tirent en réalité un moindre profit que les
Turcs de la laine de leurs troupeaux. Un mouton en bon point qu'on
aurait à Polour pour une roupie ou un peu plus se paye généralement
2 1/2 roupies dans les pâturages tibétains. Le Tibet ne nourrit qu'une
petite quantité de chèvres dont on n'estime ni la chair, ni la fourrure,
qui est réservée aux gens de la dernière catégorie. Il paraît qu'on ne
sait pas en tondre le duvet, sauf au La-dag. Ce dernier pays très sec et
rocheux convient bien à l'élevage des chèvres : on y en compte plus de
80,000, toutes de fort petite taille ; leur duvet (360 quintaux par an à
300 roupies l'un) est expédié au Kachmir où il est employé à la fabrica-
tion des châles concurremment avec le duvet de qualité supérieure pro-
venant de Tourfan. Les chevaux sont peu nombreux, petits et médio-
cres, excepté sur les bords du Kouk nor où paissent une multitude de
chevaux de race mongole, assez bas sur pattes, trappus, au corps gros
et court, au cou massif, à la tête brève et large, à la croupe aplatie. Ils