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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0400 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 400 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

tain déploie un esprit fécond en ressources, défiant, rusé, retors et
tenace, il scrute avec la plus grande attention l'objet qu'on lui offre en
échange de sa marchandise, le manie, le flaire, le soupèse en hochant
la tête, lui trouve tous les défauts qu'il a et lui prête tous ceux qu'il
n'a pas, vous examine du coin de l'œil pour pénétrer vos intentions et
voir l'effet produit par ses paroles, jauge votre capacité commerciale,
mesure le degré de votre générosité ou de votre avarice, tâte et flatte
votre vanité, met à l'épreuve votre patience, au reste ne fait pas de
proposition nette, use de circonlocutions vagues et tourne indéfini-
ment autour du pot, montre d'autant plus de répugnance à conclure
l'affaire qu'elle lui paraît plus avantageuse, ne s'engage que s'il est
certain de ne jamais pouvoir obtenir mieux, et, s'il juge cependant
s'être trop avancé, il revient déclarer que sa femme consultée refuse
de ratifier le marché et vous salue humblement en tirant la langue et
se grattant l'oreille. Ce n'est pas ainsi qu'agit un véritable marchand.
Le commerce réclame plus de liberté et de largeur, et le Tibétain,
dans sa ruse naïve de montagnard mal léché, a trop peur d'être dupé
et trop envie de duper pour faire jamais beaucoup d'affaires. D'ailleurs
il est casanier à l'excès, comme tous les peuples primitifs et particu-
lièrement les nomades ; il n'aime pas à voir du nouveau et, quand par
hasard les circonstances l'ont fait sortir de son trou, il est gêné, ahuri,
n'aspire qu'à retourner chez lui au plus tôt, incapable qu'il est de mo-
difier le moins du monde ses habitudes et de s'accommoder à un milieu
insolite. Au fond il est agriculteur et pasteur et n'est jamais que bro-
canteur d'occasion. Il ne s'établit pas négociant à demeure; tous les
magasins et les boutiques du pays sont tenus par des Chinois, des Né-
palais, des Kachmiriens, des musulmans de l'Inde nord-occidentale, du
La-dag et du Baltistân. Les débits de boissons (tch'ang-k'ang), exploités
par les femmes indigènes, ne peuvent pas être considérés comme une
exception. Les transactions du commerce intérieur se font soit dans les
bazars des villes (k'rom pr. t'om) ou dans les foires périodiques, géné-
ralement annuelles, qui se tiennent près des villages ou des monastères.
A ces foires on se rend de plusieurs centaines de kilomètres à la ronde;