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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0402 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 402 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

gouvernement ou lamas de marque. Ils ne sont pas comparables à nos
commissionnaires ou directeurs de succursales, car ils sont liés à leurs
mandants, non seulement par des obligations commerciales, mais aussi
par des devoirs sociaux ; ils sont leurs subordonnés en qualité de sujets,
obédienciers, parents, clients, serfs ou domestiques avant de l'être en
qualité de chargés d'affaires. Leurs fonctions sont en général hérédi-
taires, sauf naturellement lorsqu'il s'agit de moines. Les routes étant
longues, difficiles, quelquefois dangereuses, on ne fait pas souvent des
expéditions de marchandises ; on a avantage à équiper les caravanes les
plus considérables possible afin de diminuer les frais généraux, de ne
voyager que dans les saisons les plus favorables et d'être mieux en
sûreté contre les brigands. C'est ainsi que nous avons rencontré sur la
route de Nag-tchou à Gyé-rgoun-do une caravane expédiée par le grand
lama de Ta-chi-lhoun-po, qui ne comptait pas moins de 800 chevaux
et 90 hommes. Ces grands convois sont conduits par des ts'ong-pon,
semblables à ceux qui résident à l'étranger et qui sont de rang d'autant
plus élevé que celui qui les envoie est lui-même un plus grand person-
nage. Le ts'ong pon a l'autorité suprême sur tous ceux qui l'accompa-
gnent ; il peut, par faveur spéciale, permettre à des particuliers de se
joindre au convoi avec un nombre limité d'animaux chargés, à condition
qu'ils se soumettent à son commandement et payent une certaine
redevance. En route, il a le droit de réquisitionner des animaux et des
vivres partout et dans la même mesure où son maître le possède ; s'il
est moine, il reçoit l'hospitalité dans tous les couvents de son ordre,
s'il est agent du roi ou d'un ministre, chez tous les fonctionnaires, s'il
est commissionnaire d'un moindre seigneur, chez tous ceux qui ont
avec son patron des relations d'hospitalité. Cette organisation du
commerce extérieur remonte à l'antiquité la plus reculée ; autrefois la
Chine n'en connaissait point d'autre et les caravanes impériales et
royales ne se distinguaient point des ambassades politiques. C'est ainsi
qu'encore aujourd'hui les missions de négoce envoyées périodiquement
à Pékin par le prince du Népâl, les grands lamas de Lha-sa et de
Ta-chi-lhoun-po et à Lha-sa par le roi du La-dag ou en son lieu et