国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0409 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 409 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000197
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

grossière et transparente que les Tibétains offrent aux personnes qu'ils
veulent honorer et qui font l'office de nos cartes de visite, des fourrures de
luxe, du cuir, des selles, de la porcelaine, des turquoises plus fines que
celles du Tibet, des fusils, de la quincaillerie, des drogues, du tabac, des
allumettes japonaises partout usitées dans le Tibet, de la farine de blé,
du riz, du sucre noir, du vinaigre et des conserves alimentaires pour les
fonctionnaires et les officiers chinois. Les Tibétains donnent en échange
des étoffes et des couvertures de laine, des peaux et fourrures, du musc,
des bâtons odorants, de la poudre d'or, des cornes d'antilope, de la
rhubarbe, du borax et des marchandises de l'Inde. Ils achètent beaucoup
plus qu'ils ne vendent et ils paient la différence en roupies, qu'ils se
procurent dans leur commerce avec l'Inde, où ils vendent plus qu'ils
n'achètent.

Le marché de Li-kiang fou semble avoir été important avant la
révolte des musulmans du Yun-nan. Mais, à la suite de la guerre qui
bouleversa ce pays entre 1855 et 1873, Li-kiang fut ruiné et depuis ne
s'est relevé qu'imparfaitement. Cette ville est le centre du commerce
assez mince que le Tibet entretient avec le Yun-nan et c'est par là que
le musc passe pour aller au Tonkin. Elle est le débouché naturel des
produits du Tibet sud-oriental et de la vallée relativement riche et popu-
leuse du Mékong au sud de Yer-ka-lo. Sans doute, privé qu'il est du
commerce du thé, ce marché est dans un état d'infériorité marquée
vis-à-vis de Ta-tsien-lou. Cependant il est dans une assez bonne situa-
tion géographique; situé à sept jours au nord de Ta-li-fou, qui est lui-
même au point de convergence des vallées du Mékong et du fleuve
Rouge, il est plus proche de Lha-sa que toute autre ville chinoise, et,
qui plus est, la capitale du Tibet est, par Li-kiang, à peine plus éloignée
de la frontière tonkinoise que de Tch'ing-tou.

Il n'est donc pas impossible que le voisinage de nos colonies d'Indo-
Chine revivifiant le commerce du Yun-nan, la place de Li-kiang en
profite elle-même et nous fournisse les moyens de nouer des relations
profitables avec le Tibet. Nous pourrions en tirer de la laine de mouton,
du duvet de chèvre, des peaux et fourrures, de la viande, des bestiaux,