国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0413 |
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 |
| 1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
Khotan par le col de Karakoram, sur le Badakhchân et la Bactriane par
Skar-do et Gilgit. Cette dernière route aujourd'hui peu considérable
pour les relations extérieures du Tibet était célèbre au moyen âge et
était la grande voie de communication entre Balkh et Lha-sa. De Lé à
Skar-do il y a 10 jours de marche le long de l'Indus et 295 kilomètres, de
Skar-do au col de Baroghil 13 jours et 400 kilomètres en descendant
l'Indus, remontant les rivières de Gilgit et de Yâcin et traversant la
passe de Darkot. Au delà du col de Baroghil on rejoint à Sarhad, sur
le bord du Ouakhân sou, les routes qui viennent de Kachgarie, on
descend le Ouakhân jusqu'à Ichkachim, on franchit le col Serdab
pour atteindre Zebak, d'où l'on descend sur Feyzabâd, situé à
12 jours du col de Baroghil, à 9 de Balkh. Cette dernière ville est
ainsi à 21 jours et à 700 kilomètres du col de Baroghil, à 44 jours et à
1,400 kilomètres de Lé, à 3,540 de Lha-sa. C'est de cette route que les
Tibétains se servirent au VIIe et au VIIIe siècle pour aller occuper le
Ouakhân et s'étendre jusqu'à l'extrême limite orientale de l'empire
arabe. Depuis, la race et la langue tibétaines ont reculé jusqu'au Baltistân,
et les relations entre le Tibet et la région du haut Oxus sont presque
insignifiantes. Les bœufs-yaks du Tibet portent jusqu'au Ouakhân un peu
de hachich acheté au Turkestan chinois et dans le dialecte iranien du
Ouakhân le hachich et le bœuf-yak ont gardé leurs noms tibétains bang
et dzó. Le Tibet reçoit du Badakhchân quelques rubis et quelques
lapis-lazuli et du Baltistân quelques fruits secs, particulièrement des
abricots.
Le très faible commerce qui se fait entre le Tibet et le Turkestan
chinois emprunte à peu près uniquement la route du Karakoram. Lé
importe de Yârkend, soit pour la consommation locale, soit pour la
réexportation au Tibet — nous ne parlons pas ici de ce qui est destiné
à l'Inde — un peu de tabac, du hachich dont les Tibétains occidentaux
ont pris malheureusement pour eux l'habitude, des fruits secs, des
chevaux kyrghyz et des chevaux d'Ili, qui sont connus à Lha-sa sous le
nom de chevaux de Yârkend et y sont recherchés pour leur taille
relativement grande, des feutres et des tapis, surtout des tapis de selle
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