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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0421 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 421 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

les Tibétains craignent fort leurs caprices et leur colère, sont plus anxieux
de ne point leur déplaire et de les apaiser ou de contraindre leur faveur
par des cérémonies, des formules, des sacrifices que de suivre la voie
mystique qui conduit à la délivrance finale. De cette manière, le boud-
dhisme, selon le côté d'où on l'envisage, est athée, monothéiste, pan-
théiste, polythéiste. Les disciples de Gautama ne sont nullement
embarrassés de ce que nous sommes portés à prendre pour des contra-
dictions monstrueuses. Ceux qui sont un peu habitués aux spéculations
métaphysiques savent combien il est facile de passer de l'une à l'autre
de ces catégories par des nuances presque indiscernables et combien
sont fragiles les barrières qui les séparent, élevées par le parti pris ou
la logique courte des philosophes ou des théologiens. Dans le fond, le
bouddhisme tibétain ressemble beaucoup à l'indouisme par sa méta-
physique, sauf quelques points importants, par sa doctrine de la karma,
de la métempsychose, du renoncement aux biens du monde, de l'ab-
sorption dans l'âme universelle, par sa mythologie, son culte et ses
cérémonies. Le bouddhisme, dépourvu de culte à l'origine, s'est attribué
presque tout le culte de l'indouisme avec son cortège d'idoles, de for-
mules, de rites compliqués. Il a emprunté aussi certains détails à la
liturgie chrétienne par l'intermédiaire des Nestoriens établis au moyen
âge en Chine et en Mongolie ; mais il semble bien qu'on ait exagéré cette
influence, plusieurs des choses qu'on avait cru tirées du christianisme se
retrouvant dans les religions de l'Inde. Le perfectionnement moral et le
détachement de l'illusion extérieure, nécessaires pour atteindre au salut,
ont passé au second plan, et la conception populaire et grossière de la reli-
gion l'a emporté. La divinité a cessé d'être inactive, insensible aux vœux
des hommes et à ses efforts pour lui plaire, elle est devenue un roi
dont on doit craindre le courroux, mais dont on peut capter habilement
la faveur ; elle est retombée sous la domination des rites et des formules.
La prière n'est plus un simple hommage, mais une sollicitation et même,
dans certaines conditions, un moyen de contrainte efficace. Les œuvres
ont pris une importance excessive et par œuvres ce ne sont pas les
œuvres bonnes moralement qu'il faut entendre, ce sont les actes de