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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0435 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 435 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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d'après la haute place conservée dans la société moderne par les sor-
ciers officiels, qui sont certainement les successeurs de quelques-uns
des grands prêtres pon-bo, sinon leurs descendants.

Les lamas pon-bo sont avant tout sorciers et nécromants et ressem-
blent tout-à-fait aux kam des Turcs septentrionaux, aux bó des Mongols,
à ceux enfin que nous appelons chaman. Dans l'exercice de leurs fonc-
tions magiques ils portent un grand chapeau pointu, noir ¹, surmonté
d'une plume de paon ou simplement de coq, d'une tête de mort et d'un
carreau de foudre; ils ont un tambour formé de deux crânes humains et
c'est là un objet essentiel pour eux comme le tambour de basque pour
le chaman de Sibérie. A la différence des lamas orthodoxes, ils sacrifient
des animaux et surtout des coqs, soit qu'ils attribuent un caractère
sacré à cet animal, soit qu'il ait pour les dévots l'avantage de n'être
pas coûteux. Parmi les pratiques de sorcellerie auxquelles ils re-
courent, j'en signalerai seulement deux. Ils opèrent l'envoûtement de la
même manière que nos sorciers du moyen âge en perçant d'épingles
une figurine représentant la personne envoûtée. Pour guérir les ma-
ladies ils emploient le même procédé que les Mongols: ils revêtent des
habits du malade une figure de terre sur laquelle ils écrivent son nom
et le jettent dans un lieu éloigné et désert; l'esprit de la mort prend cette
statuette pour le malade lui-même et le croyant trépassé ne s'en
occupe plus. Si le malade est un chef notable, c'est un homme qui pour
un peu d'argent joue le rôle de la statuette; il doit quitter le camp ou
le village et s'en aller aussi loin que possible sans revenir tant que le
chef est en vie. Ces coutumes ne sont peut-être pas inconnues des
Tibétains orthodoxes. Les divinités principales des Pon-bo sont le Dieu
blanc du ciel, la Déesse noire de la terre, le Tigre rouge et le Dragon.
Ils professent une vénération profonde pour une idole dite Kyé-p'ang
formée d'un simple bloc de bois revêtu d'étoffes. Je n'ai pu savoir ce
qu'elle représente, mais on dit que c'est la même divinité qui, sous le