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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0438 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 438 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

pourquoi les lamas méprisent profondément les laïques et cela d'autant
plus que ceux-ci ne peuvent alléguer aucune excuse, réclamer aucune
indulgence puisque l'infériorité de leur état est la conséquence de l'in-
fériorité de leur conduite dans leurs existences antérieures. Sans doute, le
christianisme prêche aussi le détachement du monde et il n'y aurait pas
besoin de presser beaucoup certains passages des évangiles pour en tirer
une théorie du renoncement aussi absolue que celle du bouddhisme;
mais à côté de ces passages il y en a d'autres, qui font leur part aux néces-
sités de la vie active et qui donnent place dans la maison à tous les hommes
de bonne volonté. Si les tendances au renoncement parfait faillirent
prévaloir aux débuts, alors qu'on était enfermé dans un cercle étroit et
qu'on croyait la fin du monde prochaine, le côté pratique de l'ensei-
gnement évangélique prit vite le dessus lorsque la communauté se fut
étendue. Quant à l'islamisme, c'est une religion toute pratique, qui ne
se perd point dans les régions indistinctes de l'idéal et qui, par suite,
est encore plus que le christianisme une religion de laïques, de gens
engagés dans les affaires du siècle, et tandis que dans le christianisme le
prêtre conserve sur le laïque une supériorité spirituelle marquée, il n'en
a aucune dans l'islamisme. Telles sont les raisons pour lesquelles ces
deux dernières religions ont toujours exercé une influence sociale et
morale incomparablement plus grande que le bouddhisme.

Les lamas tibétains ne s'occupent guère du peuple que pour en
extraire leur subsistance et le maintenir sous leur autorité temporelle.
Pour cela ils couvent avec sollicitude ses superstitions au lieu de les
écraser, ils nourrissent en lui la croyance en leur supériorité, inaccessible
à tout laïque, en leur puissance sur les êtres divins, sur les démons et
sur la nature. Ils se font passer pour les intermédiaires obligés entre les
hommes et la divinité; il n'y a pas de dieu sans lama, dit le proverbe
et le clergé s'est fait le distributeur des biens temporels comme des
biens spirituels, il a donné une chiquenaude au Bouddha pour obliger
ce dieu impassible à s'inquiéter un peu des affaires du monde, il a infusé
une vie nouvelle à toutes les divinités populaires que le Très Sage avait
rejetées dans leur néant, les a accaparées et s'est fait leur commission-