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0443 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / Page 443 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000197
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pas seulement agriculteurs et pasteurs, ils sont aussi industriels; ils
fabriquent pour le compte de leurs seigneurs ecclésiastiques des étoffes
de laine, de l'orfèvrerie, des poteries, ils sont maçons, charpentiers,
forgerons, meuniers, caravaniers. Ils sont soumis à la juridiction des
lamas et leur doivent toutes les corvées qu'il plaît à ceux-ci de leur
imposer sans qu'il leur soit jamais dû de salaire. Toutefois ils n'échappent
pas entièrement à l'autorité du gouvernement de Lha-sa; ils lui paient
l'impôt jusqu'à concurrence des deux tiers de ce que paient les sujets
directs et peuvent recourir en appel à sa justice dans certains cas et
selon certaines règles qu'il ne m'a pas été possible de préciser. Outre
leurs propriétés foncières et bâties et leurs troupeaux, les couvents
possèdent des trésors accumulés depuis des siècles, or, argent, objets
précieux qui sont quelquefois d'une richesse considérable. Ils reçoivent
une foule de dons et legs, il n'est pas de Tibétain qui meure sans lais-
ser au couvent voisin une bonne part de ses biens mobiliers, tout enfant
qui entre en religion apporte une dot proportionnelle à ses moyens,
tout lama donne à son couvent une part de ses gains personnels, car le
lama n'est pas du tout une non-valeur économique. Il est, selon les cas,
curé, tireur de cartes, diseur de bonne aventure, nécromancien, mé-
decin, apothicaire, peintre, sculpteur, imprimeur, écrivain, lecteur,
marchand et mendiant; il vend des statuettes, des moulins à prières,
des livres, des porte-bonheur, des rosaires, des indulgences en pilules,
des prières, des formules, des charmes et des amulettes contre tous les
malheurs possibles et impossibles, des remèdes, des conjurations et des
horoscopes. Si un homme se marie ou s'il meurt, les lamas viennent le
plus nombreux possible prêter leur concours moyennant finance, s'il
lui arrive un malheur, ils touchent pour conjurer la mauvaise fortune,
s'il lui arrive une bonne fortune, ils touchent pour rendre des actions
de graces, s'il ne lui arrive rien, ni agréable ni désagréable, ils touchent
encore pour empêcher que les choses n'aillent plus mal. Tout le casuel
est au bénéfice particulier du moine sauf la dîme prélevée par la com-
munauté. Si un lama laisse à sa mort une fortune personnelle elle passe
à sa famille, excepté la part qu'il laisse toujours par testament au
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