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Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0446 |
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 |
| Scientific Mission to High Asia 1890-1895 : vol.2 |
Citation Information
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ordres monastiques différents, qui ont chacun leur hiérarchie spéciale,
leur général propre et indépendant. Le Talé lama n'est que le général
du plus important de ces ordres ; les généraux des autres ordres ont
pour lui la déférence due à une personne éminente en dignité, mais
ils ne lui sont nullement subordonnés au point de vue religieux, ils ne
lui doivent obéissance qu'en tant qu'il est actuellement souverain
temporel et c'est pour cela qu'il est absolument inexact de comparer
le Talé lama au pape. Dans l'ordre même du Talé lama il y a un per-
sonnage, le Pang-tch'en rin-po-tch'é de Ta-chi-lhoun-po, qui n'est pas
moindre en dignité spirituelle et n'est inférieur qu'en puissance
temporelle. Les Chinois ont bien soin de l'entretenir, de le garder en
réserve pour le cas où le Talé lama cesserait d'avoir la docilité néces-
saire. L'ordre monastique dont le Talé lama est le chef est celui des
Gé-loug-pa (dgé-lougs-pa) qui fut fondé vers l'an 1400 par Tsong-k'a-
pa, moine des environs du Kouk nor que l'on peut comparer à Hil-
debrandt, comme lui réformateur des ordres monastiques tombés dans
le relâchement et l'oubli des bonnes règles. Il tâcha de ramener le
bouddhisme à sa pureté première, de le dégager de la sorcellerie et
des pratiques superstitieuses qui le déshonoraient, d'astreindre les vrais
fidèles, c'est-à-dire les moines, à une vertu plus austère et au respect
de leurs vœux de renoncement et de pauvreté. Il y réussit en partie
et quoique depuis sa mort les couvents de sa règle aient de plus en
plus dégénéré, cependant ils sont encore ceux où règne le plus d'aus-
térité et de discipline. Les moines qui boivent de l'eau-de-vie ou ont
commerce avec une femme sont battus et chassés; aussi rencontre-t-on
un assez grand nombre de Gé-loug-pa défroqués. On prétend, il est
vrai, que le châtiment n'atteint guère que les pauvres hères qui n'ont
point d'argent pour amollir les règlements et ceux qui les appliquent;
toutefois il ne faudrait pas accorder aux racontars populaires plus de
créance qu'ils n'en méritent et s'il y a évidemment des abus il n'en
est pas moins vrai que beaucoup de grands lamas sont au-dessus de
tout soupçon. Quant à la sorcellerie, elle était un moyen de domina-
tion trop efficace pour qu'on y pût renoncer sans se résoudre du
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