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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0447 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 447 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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même coup à une situation subalterne, aussi les Gé-loug-pa, tout en
gardant sur ce point une certaine réserve, comptent cependant dans
leurs rangs les deux ou trois plus grands sorciers du Tibet et le fameux
couvent de Ra-mo-tch'é à Lha-sa est une véritable école de magie. De-
puis Tsong-k'a-pa tous les chefs des Gé-loug-pa, appelés Talé lama ou
Gya-mts'o rin-po-tch'é (Rgya-mts'o rin-po-tch'é)¹, ont été tenus pour des
incarnations d'Avalokita ou Tchan-ré-zig (Spyan-ras-gzigs), le créateur,
le juge des âmes, hypostase céleste d'Amitaba, le Bouddha-Soleil.
Tchan-ré-zig s'était déjà incarné autrefois dans le roi Srong-tsan-gam-
po, il est le patron particulier du Tibet, celui à qui s'adresse l'invo-
cation répétée des milliards de fois : Om ma-ni pad-mé houm ! Le
Talé lama actuel, T'oub Tsan, né en 1876, est, selon la seule liste au-
thentique et officiellement reconnue à Lha-sa, le 12e successeur du
premier Talé lama, né en 1391. A côté des Gé-loug-pa il existe une
vingtaine d'ordres différents, mais quatre seulement valent qu'on les
mentionne. Le plus ancien de tous, le plus corrompu aussi, est celui
des Nying-ma-pa (Rnying-ma-pa = les vieux) dont l'origine remonte à
Padma Sambhava lui-même. Ce premier apôtre du Tibet avait été
obligé, pour répandre au viiie siècle largement le Bouddhisme, de l'agré-
menter d'une foule de diableries empruntées à l'Inde et à la vieille re-
ligion locale, combattant ainsi les Pon-bo avec leurs propres armes.
Les Nying-ma-pa ont suivi les errements de leur patron, à qui ils ren-
dent un culte idolâtrique, et ils sont encore aujourd'hui adonnés à toutes
les pratiques de la magie familières aux Pon-bo. Leur règle est peu sé-
vère et n'ordonne point le célibat. Leur couvent principal, où réside
leur Bouddha vivant, est celui de Tsa-ri; Sag-ti gon-pa dans le Ladag
et peut-être Dé-rgyé gon-pa appartiennent à cette règle, comme aussi le
couvent de femmes de Sam-ding sur le lac Yam-t'og, dont l'abbesse