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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0452 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 452 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

agents font sans cesse circuler sur les chemins des marchandises et des
bagages pour le transport desquels les sujets sont tenus de fournir gra-
tuitement des chevaux, des yaks ou à l'occasion leurs épaules. Il n'est
rien qui les fasse murmurer plus que cette corvée (ou-lag, du turc عُلاَج)
qui les surprend souvent au moment où ils ont le plus besoin de leur
temps et de leurs bêtes. Joignez à cela les ventes forcées à prix surfaits,
dont nous avons déjà parlé et auxquelles le gouvernement a recours
plus ou moins selon l'état de sa caisse, enfin les dons gratuits qui sont
obligatoires; tout bon et loyal sujet, et tout sujet est tel par définition,
est tenu de faire l'aumône à l'État et, lorsqu'il meurt, de lui léguer une
partie de ses biens meubles. En somme, au Tibet, les enfants n'héritent
rien de la fortune mobilière de leurs pères, ce qui ne revient pas au
gouvernement passant aux moines. Le Talé lama a pour sa part une
ressource spéciale dans la vente des indulgences, qui prend les formes
les plus inattendues, dans celle des statuettes, des amulettes et des
chapelets bénits. Il envoie ses agents dans tous les pays bouddhiques,
dans le Tibet proprement dit, au La-dag, en Mongolie et en Chine
pour vendre en son nom des pièces de laine ou du thé aux prix les plus
exorbitants, ajoutant en sus de la marchandise une quantité d'indul-
gences proportionnée à la générosité des fidèles.

Les fonctionnaires ne touchent point de traitement, mais reçoivent
à titre de bénéfices des territoires plus ou moins vastes sur lesquels ils
ont le droit de rendre la justice et de prélever des taxes pour leur
propre compte. Ils ont en outre diverses sources de profit légales ou
illégales : ils perçoivent des retenues sur le produit des impôts, ils
réquisitionnent des ouvriers à titre gratuit ou quasi gratuit pour leurs
besoins particuliers, ils se font donner des cadeaux en diverses cir-
constances, don de joyeux avènement, coup de l'étrier, etc., ils gardent
le produit des amendes dont ils frappent les coupables, enfin ils
touchent des épices des plaideurs. Cette dernière source de revenus est
parmi les meilleures, car si le plaideur n'apporte pas quelques mottes de
beurre sous son manteau, si l'argent ne résonne pas dans sa bourse, si
un mouton ne bêle pas derrière lui, si quelques poulets ne piaulent pas