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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0453 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 453 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

dans son sac, sa cause est déclarée mauvaise et il est condamné aux
dépens. Les Tibétains le savent et s'exécutent sans répugnance, pen-
sant comme Crispin que la justice est une si belle chose qu'on ne sau-
rait trop cher l'acheter. Le menu peuple montre en général à l'égard
des magistrats et des agents de l'autorité une servilité rampante que je
n'ai observée au même degré ni en Turkestan, ni en Chine. Ce respect
n'est pas inspiré au Tibétain par l'estime, mais par un état d'âme où se
mêlent la crainte des coups, la crainte superstitieuse, le sentiment de
sa propre misère et de sa faiblesse contre les maux qui l'assiègent. Le
roi et ses agents, même laïques, sont considérés comme participant à la
nature divine, par suite on a d'eux la même opinion que l'on a des
dieux, êtres redoutables et malfaisants, qu'il faut éviter avec grand soin
d'irriter et contre lesquels il faut se protéger par des incantations. Un
Tibétain n'entame pas un procès sans avoir accompli certains rites des-
tinés à obliger le juge à lui donner raison.

La paix publique est assurée par une sorte de gendarmerie compo-
sée de gens appelés aptouk (?). Il y en a plusieurs centaines dépendant
directement du gouvernement central, en outre chaque préfet en a
plusieurs à sa disposition. Les gendarmes du gouvernement central
sont nourris aux frais de l'État; mais ils vivent chacun à part dans leur
famille et ne reçoivent pas de salaire. Ils doivent avoir leurs armes et
leur cheval et être toujours prêts à partir à la première réquisition.
Quand le père est trop vieux, le fils lui succède. Les gendarmes dépar-
tementaux ne sont pas nourris aux frais de l'administration, ils sont
seulement exemptés d'impôts. C'est de plus un titre d'honneur, les
aptouk sont tous de bonne famille et jouissent d'un certain crédit.

Il n'existe point d'armée régulière, sauf une petite troupe à Lha-sa
qui sert de prétexte au maintien en activité de six généraux, da-pon
(mda-dpon) et de 156 autres officiers. Le peuple entier est organisé en
milice de la même manière que les Mongols, mais avec moins de
rigueur. Tout homme reconnu capable de porter les armes et de sup-
porter les frais de son équipement militaire est tenu de servir en qua-
lité de soldat toutes les fois qu'il en reçoit l'ordre. Son entretien