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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0454 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 454 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

pendant la durée de la campagne est à sa charge. C'est une très lourde
charge, car il y a de très longues distances à parcourir par de très
mauvais chemins. Bien commandés, les Tibétains feraient d'assez bons
soldats, pourvu qu'on ne les emmène pas hors de leur pays. Ils sont habi-
tués à la marche, se font un jeu de franchir des montagnes qui feraient
hésiter des étrangers, se nourrissent facilement, craignent peu les
intempéries, sont exercés au maniement des armes, ont un respect
profond pour leurs chefs et rien n'est plus facile que de leur inspirer
par des moyens humains ou surnaturels la plus absolue confiance dans
la victoire. Mais le cléricalisme a énervé l'esprit militaire et ceux qui
se sont faits conducteurs d'hommes, souvent violents, sont timides et
lâches. Lors des affaires du Sikkim le gouvernement avait rassemblé à
grand'peine sur la frontière anglaise 30,000 hommes dont quelques-uns
venaient de Tch'a-mdo, ayant cheminé deux mois en portant toutes leurs
provisions : le jour du combat venu, les Anglais bombardèrent les grands
lamas réunis sur un tertre, ceux-ci tournèrent bride aussitôt, n'ayant
imposé une pareille corvée et presque la ruine à de pauvres gens que
pour leur donner leur propre honte en spectacle.

Malgré l'absence d'armée permanente et la faiblesse de la gendar-
merie, le gouvernement sait faire obéir ses ordres jusque dans les dis-
tricts les plus reculés. Cela est dû à la terreur qu'inspire la rigueur
avec laquelle il punit les moindres fautes contre son autorité, à la pré-
sence dans tous les centres de quelque importance de hauts fonction-
naires, assez grands pour être respectés, trop petits pour oser rien tenter
contre l'État, au savant système d'espionnage mutuel organisé dans
toute la société, au grand nombre de lamas répandus partout, dévoués
au gouvernement qui fonctionne par eux et pour eux. En effet, au
point de vue politique et administratif le clergé a réduit l'élément laïque
à la portion congrue et ne lui a laissé que ce qu'il ne lui pouvait ôter
sans risquer de l'exaspérer jusqu'à la révolte. A la vérité, les quatre
ministres sont laïques, mais ils sont subordonnés au vice-roi religieux.
Dans le gouvernement central il y a un nombre égal de lamas et de
laïques, dans chaque district il y a deux préfets : l'un religieux, l'autre