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0456 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 456 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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de la capitale, de la quantité considérable de prieurés placés dans
l'obédience de leurs abbés, de leurs relations avec les plus grandes
familles du pays qui toutes y comptent quelques-uns de leurs membres,
sont les vrais maîtres de l'État. Il en résulte entre eux d'ardentes
rivalités où les intrigues, le poison et l'émeute jouent tour à tour leur
rôle; ce n'est pas à des moyens plus louables que Sé-ra doit sa
prééminence présente¹. Dans les provinces, le gouvernement est limité
par les seigneurs terriens qui ont sur leurs serfs certains droits de jus-
tice, de corvée et de taxation, surtout par les premiers d'entre eux, à
savoir les grands monastères tels que Di-koung, Min-dol-ling, Tsa-ri,
Gyang-tsé, Ting-gé, Lha-ri. De plus, il se borne lui-même en abandon-
nant tout ou partie de ses droits sur des portions de territoire au profit
de ses fonctionnaires ou des couvents, à charge pour eux de pourvoir
à leur administration et de tenir un registre spécial des recettes et des
dépenses qui y sont relatives.

Nous voyons maintenant la complication de la situation politique
qui se cache sous une apparente homogénéité: deux aristocraties, une
laïque, affaiblie et subordonnée, mais subsistant néanmoins; une autre
religieuse, elle-même divisée en une vingtaine d'ordres monastiques
indépendants, dont quatre ou cinq considérables. Dans le premier de
ces ordres deux personnages égaux religieusement, inégaux politique-
ment; dans la clientèle du premier de ces personnages trois couvents se
disputant l'influence. C'est ce qui fait comprendre comment le gouverne-
ment chinois peut maintenir son autorité au Tibet avec vingt et un fonc-
tionnaires et moins de 1,500 soldats. C'est lui qui a placé le Talé lama
et ses partisans dans la haute situation dont ils jouissent aujourd'hui
parce qu'il avait vu en eux le meilleur instrument capable de brider le
roi et l'aristocratie laïque, toujours turbulents et impatients du joug,
parce qu'il avait eu l'intelligence très claire qu'une administration ecclé-
siastique est éminemment propre à mater les âmes, à leur apprendre la
mansuétude et l'obéissance; parce qu'enfin, en s'attachant le principal