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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0462 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 462 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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hindou, Pouroungir Gosain, resta à Ta-chi-lhoun-po comme agent per-
manent du vice-roi de l'Inde et fut même accueilli à Lha-sa. En
1792 le successeur de Warren Hastings, au lieu de soutenir les
Tibétains contre les Népalais qui avaient envahi le Tibet, prit le
parti des Népalais contre les Chinois qui avaient envoyé une armée
pour chasser les envahisseurs. Depuis lors, les Tibétains cessèrent
d'avoir des relations amicales avec les Anglais et s'unirent contre
eux avec les Chinois. Il ne faut pas d'ailleurs attribuer à ce
fait plus de valeur qu'il n'en a réellement : le gouvernement de
l'Inde n'avait eu de rapports un peu intimes qu'avec le grand lama
de Ta-chi-lhoun-po dont l'importance politique est très faible, et
depuis il n'y a pas eu rupture absolue, le Pang-tch'en rin-po-tch'é n'est
pas foncièrement hostile aux Anglais et il y a lieu de penser que s'il ne
tenait qu'à lui il recevrait assez volontiers leur visite. Le Talé lama, au
contraire, a toujours montré beaucoup de réserve, quoique dans les
débuts les choses n'en aient pas été au point où elles en sont aujour-
d'hui. En 1810, Thomas Manning, qui n'était, il est vrai, revêtu d'aucun
caractère officiel, fut admis à Lha-sa en présence du Talé lama et
demeura un an dans la capitale. Nul Européen n'y pénétra plus, sauf
le P. Huc, qui en fut expulsé rapidement. Effrayés des progrès immenses
et continus de la puissance indo-britannique, les Tibétains se sont tapis
dans leur tanière, en ont barricadé l'entrée et ne veulent plus laisser
prendre à l'étranger un pied chez eux, de peur qu'il n'en prenne bien-
tôt quatre. Je crois la Chine et le Tibet tellement convaincus de la
nécessité de tenir leur porte close qu'ils risqueraient une guerre plutôt
que de céder sur ce point. Or, quelque intérêt que l'Angleterre puisse
avoir à entretenir de libres relations avec le Tibet, non seulement elle
n'entreprendrait pas une guerre pour faire cesser l'isolement où se
renferme ce pays, mais elle ne se soucie même pas d'engager pour cela
une campagne diplomatique sérieuse. En effet, le Tibet, devenu acces-
sible aux Anglais, le serait du même coup aux Russes, qui pourraient
ainsi pousser leurs intrigues jusqu'à la frontière indienne, et l'Angle-
terre, qui ne peut jamais être sûre de la fidélité des innombrables popu-