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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0463 Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2
1890-1895年の高地アジアにおける科学調査 : vol.2
Mission Scientifique dans la Haute Asie 1890-1895 : vol.2 / 463 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000197
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OCR読み取り結果

lations de l'Inde, tient les intrigues de la Russie pour plus dangereuses
que ses armes. Aussi j'estime qu'il y a des chances pour que le Tibet ne
soit jamais ouvert aux Européens avant qu'il soit sous le protectorat
britannique. Le gouvernement de l'Inde n'est pas pressé de s'étendre
du côté du Tibet comme du côté de l'Afghanistan parce qu'il n'a pas à
craindre le progrès d'une puissance ambitieuse et formidable telle que
la Russie. Ça été jusqu'à présent, je le sais, un axiome fondamental de
la politique indienne de tenir la Chine aussi loin que possible ; mais la
Chine n'a de force au Tibet que juste assez pour n'en être point chassée
par les indigènes, elle n'est point capable de prendre l'offensive et ne
demande qu'à rester en paix et à y laisser ses voisins. Seulement, le
jour où l'Angleterre serait incapable de défendre le Turkestan contre
la conquête russe, alors il lui paraîtrait nécessaire d'imposer son
protectorat sur le Tibet, non pas uniquement en guise de compensation,
mais surtout afin de constituer sur sa frontière septentrionale une
marche analogue à l'Afghanistan, destinée à écarter un voisinage dés-
agréable et dangereux. C'est le même but qu'elle poursuit de tous les
côtés sur sa frontière de l'Inde, et lorsqu'elle l'aura atteint, elle sera
munie, avec l'Afghanistan, une partie des Pamirs, le La-dag étendu
jusqu'à la lisière du Gobi, le Tibet et la Barmanie, d'un tampon colossal
de montagnes, derrière lesquelles elle savourera enfin le repos dans son
jardin, à l'abri des orages qui balayent le désert et ne sentant que la
brise douce et rafraîchissante qui souffle de son océan. C'est un rêve
grandiose et charmant, analogue à celui que la Chine avait fait, mais
non pas irréalisable, ni absurde. On entend dire quelquefois que le
protectorat sur l'Afghanistan est plus gênant qu'utile aux Anglais, à
plus forte raison ce serait-il ainsi d'un protectorat sur le Tibet. Ce juge-
ment ne me paraît pas être inspiré par une saine intelligence des choses
asiatiques. Le gouvernement de Calcutta est ambitieux, mais il a une
vue nette et juste des conditions auxquelles il peut vivre et se dévelop-
per. L'histoire est là pour lui apprendre qu'un ennemi puissant et bel-
liqueux dominant en Afghanistan est bientôt maître du bassin de l'Indus
et de la plaine du Gange. C'est ce que démontrent avec évidence les